Lesbos: 1400 réfugiés transférés de l'enfer du camp de Moria vers le continent

Ce lundi et d'ici à mardi matin, près de 1400 réfugiés présents seront transférés vers le continent pour atténuer la saturation du camp de Moria. Depuis plusieurs mois, ce camp censé encadrer l'enregistrement et l'identification des migrants, fait face à un afflux continu et à une urgence sanitaire.

Il héberge aujourd'hui près de 11.000 personnes soit quatre fois la capacité évaluée par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU. Depuis cet été, ce nombre n'a cessé d'augmenter avec plus de 3000 arrivées durant le mois d'août.

Ce week-end encore, 280 autres réfugiés sont arrivés, souvent interceptés en pleine mer par les garde-côtes de l'Union européenne et de la Grèce. Dans la nuit de dimanche à lundi, 125 autres migrants ont rejoint l'île de Lesbos.

Jeudi dernier, treize bateaux sont arrivés à Lesbos avec plus de 540 personnes à leur bord dont 240 enfants, une hausse sans précédent qui inquiète le gouvernement conservateur, arrivé au pouvoir le 7 juillet dernier.

Dans des conditions difficiles et sous des chaleurs très élevées, ce sont 635 réfugiés d'origine afghane qui ont embarqué dans des bus sous le supervision du HCR, puis à bord du "Caldera Vista"  avant que 500 autres personnes, principalement des familles, n'embarquent à bord de l'"Aqua blue" en fin d'après-midi vers le port de Thessalonique.

Les autorités voulant remplir le bateau avec 722 personnes ont finalement décidé de retarder le départ du navire à mardi matin. Les migrants devraient être acheminés vers le camp de réfugiés de Nea Kavala, Kilkis, dans le nord de la Grèce. 


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Le gouvernement grec réuni en urgence samedi a annoncé le transfert rapide des mineurs non accompagnés et des personnes les plus vulnérables des îles vers le continent mais aussi la suppression des procédures d'appels dans les demandes d'asile pour faciliter les retours des réfugiés en Turquie.

Surveillance renforcée

Sur la côte nord de l'île où les canots pneumatiques chargés d'exilés débarquent le plus souvent, la surveillance a été renforcée dimanche. Une équipe de l'AFP a pu constater les allées et venues des patrouilleurs en mer, et la vigilance accrue des policiers sur les côtes grecques. 

Depuis l'accord UE-Turquie signé en mars 2016, le contrôle aux frontières a été renforcé, rendant l'accès à l'île depuis la Turquie de plus en plus difficile. Mais, ces derniers mois, près de cent personnes en moyenne parviennent chaque jour à effectuer cette traversée. 

Mohamed Aliko, un Kurde de Syrie, a tenté six fois sa chance et a versé 5.000 euros à un passeur. "Je rêvais d'aller au Canada, mais maintenant je veux juste avoir une vie paisible loin de Lesbos", déclare celui qui a déjà passé un mois dans ce camp surpeuplé à l'AFP. 

Paul, un Congolais de 32 ans venu avec ses trois enfants et sa femme, dit espérer que "l'Europe va prendre des mesures pour changer la situation à ses frontières". 

"Nous sommes passés de la misère à la souffrance... Nous ne pouvions pas imaginer que nous serions accueillis ainsi en Europe", déplore, fatigué, le trentenaire. 
 

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