Les Vénitiens manifestent pour l'interdiction des paquebots après l'accident d'un bateau de croisière

Les Vénitiens manifestent pour l'interdiction des paquebots après l'accident impliquant un bateau de croisière
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Les Vénitiens manifestent pour l'interdiction des paquebots après l'accident impliquant un bateau de croisière - © MIGUEL MEDINA - AFP

Depuis l’accident provoqué par le bateau de croisière MSC Opera lors de son arrivée à Venise, les Vénitiens ne décolèrent pas. La justice italienne a séquestré les moteurs du bateau, pour analyser les causes de l’avarie, le MSC Opera est encore à l’arrêt à la station maritime de Venise. Toutes ses croisières ont été annulées jusqu’à nouvel ordre.

Depuis l’incident du 2 juin dernier, qui a provoqué des dégâts matériels aux bateaux et cinq blessés légers, les Vénitiens demandent une réponse, et l’interdiction totale du passage des bateaux dans le canal de la Giudecca.

Une législation trop peu respectée

En théorie, depuis 2012, le décret Clini Passera, promulgué après le naufrage du Costa Concordia, interdit le passage des bateaux de croisière de plus de 40.000 tonneaux sont interdits de passage à Venise. Il faut dire que ce naufrage reste le plus cher qu’a connu le secteur de la navigation. Mais la législation reste théorique car sans solution concrète les navires continuent d’entrer par la bouche du Lido pour rejoindre la station maritime. Le passage de près de deux bateaux par jour provoque des dégâts inestimables à la Cité des Doges, au point que l’Unesco demande aussi un changement de situation, sans compter la pollution engendrée par ces paquebots qui restent moteurs allumés pendant des heures amarrés aux quais du port.


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La solution préconisée par le maire de Venise serait de les faire entrer par le canal qui rejoint le port industriel de Marghera, déjà utilisés par 4000 pétroliers et bateaux marchands, et creuser dans la lagune un nouveau passage. Une solution rejetée par les Vénitiens qui estiment que la lagune est déjà trop mal en point. Pour les manifestants, la solution est d’interdire purement et simplement le passage des bateaux de croisière à Venise.

L’attrait touristique de Venise en fait un port ultra-fréquenté

"Venise accueille déjà trente millions de touristes à l’année" explique Lidia Fuersoch de "Italia Nostra", une association de défense du patrimoine, "ce ne sont pas les quelque deux millions de touristes des croisières qui changent quelque chose. Le ministre de la Culture estime que nous devons trouver un compromis entre l’économie du tourisme des croisières et la préservation du patrimoine culturel, nous ne sommes pas d’accord, il faut faire une croix sur ce pan de l’économie vénitienne et interdire simplement l’entrée des bateaux à Venise."


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L’an dernier, selon le quotidien économique Il Sole 24, 502 navires de croisière ont approché Venise, pour un total d’un million et demi de passagers. Les navires de croisière représentent 3,26% de l’économie vénitienne et 4500 emplois, difficile pour les administrateurs publics d’y renoncer. De plus les compagnies de croisière ont payé des concessions pour accéder aux ports jusqu’en 2024 et n’entendent pas retirer de leurs catalogues cette image alléchante du touriste qui passe devant le campanile de San Marco perché sur le pont de ce géant des mers.

Mais cette fois, les Vénitiens sont en révolte et ont décidé de le montrer au monde entier en organisant cette grande manifestation. Malgré les milliers de drapeaux qui demandent d’interdire les navires de croisière, les habitants ne devraient pourtant pas obtenir de réponse avant la fin du mois de juin. Le gouvernement est divisé sur la question, Matteo Salvini accuse le ministre s 5 étoiles, Danilo Toninelli de faire obstruction à la solution préconisée par le maire Luigi Brugnaro et par le gouverneur Luca Zaia, de La Ligue. Les Vénitiens devront donc encore regarder passer pendant longtemps les navires de croisière, sans oublier le risque d’un nouvel incident.

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