Les vaccinations contre le Covid-19 en Europe : trop peu, trop lent ?

L’Union européenne a-t-elle commandé trop peu de vaccins pour ses états membres ? La procédure d’autorisation des vaccins par l’Agence européenne des médicaments est-elle trop lente ? Depuis quelques jours, les questions et les critiques fusent. Mais la Commission européenne continue à défendre sa stratégie de vaccination.

Les Anglais et les Américains devant…

 entendre certaines voix sur le continent, les Européens seraient à la traîne dans la course aux vaccins contre le nouveau coronavirus. Regardez le Royaume-Uni : ce lundi 4 janvier, un octogénaire d’Oxford a été la toute première personne dans le monde à recevoir le vaccin anti-Covid développé par la société AstraZeneca et l’université d’Oxford. C’est le deuxième vaccin distribué au Royaume-Uni après l’autorisation donnée à Pfizer et BioNTech. Aujourd’hui, plus d’un million de Britanniques ont été vaccinés contre le covid-19.

Si l'on se tourne vers les Etats-Unis : ils sont à l'heure actuelle plus de 4 millions d’Américains à avoir reçu la première dose des deux vaccins (Pfizer/BioNTech et Moderna) ayant reçu le feu vert des autorités.

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Très fortement touché par le coronavirus, le Royaume-Uni a lancé les vaccinations le 8 décembre 2020. © Photo by Frank Augstein / POOL / AFP

… et les Européens derrière ?

À ce jour, un seul vaccin, celui de Pfizer et BioNTech, a été autorisé au sein de l’Union européenne. Les campagnes nationales de vaccination ont commencé il y a une semaine à peine, et encore, sur un rythme relativement lent. Cette situation provoque ici ou là de l’impatience, de la frustration et des critiques à l’égard de l’Union européenne.

Depuis juin dernier, l’Union dispose d’une stratégie de vaccination. La Commission européenne a été chargée de négocier l’achat de vaccins au nom des 27 Etats membres. Elle a déjà passé six contrats différents avec 6 groupes pharmaceutiques distincts pour un total de près de 2 milliards de doses. A priori, c’est largement suffisant pour vacciner les 450 millions de citoyens européens.

Sauf qu’à ce stade, l’Agence européenne des médicaments n’a donc donné une autorisation de mise sur le marché qu’au vaccin développé par Pfizer et BioNTech. Le nombre de doses mises à la disposition des pays européens est encore limité. Trop limité au goût de certains qui se demandent s’ils n’auraient pas été mieux servis par eux-mêmes. Une idée qui circule en particulier en Allemagne. Le pays est prêt à vacciner sa population depuis la mi-novembre. Mais les centres de vaccination tournent au ralenti, faute de vaccins suffisants. Seuls quelque 240 mille Allemands ont reçu une première dose de vaccin jusqu’ici. Une situation qui agace, par exemple, le dirigeant de la Bavière, Markus Söder. Il ne comprend pas pourquoi le vaccin développé en Allemagne par BioNTech soit injecté plus vite ailleurs dans le monde. Pour lui, c’est la preuve que la stratégie européenne d’achat de vaccins est " inadéquate ".

Une stratégie européenne panachée

Une critique rejetée par la Commission européenne pour qui, aujourd’hui, le principal obstacle à une plus grande distribution de vaccins est lié à des capacités de production insuffisantes. " La Commission européenne est en contact avec les différents producteurs et avec les Etats membres pour voir comment la situation peut être améliorée ", explique Stefan De Keersmaecker, un des porte-parole de la Commission européenne qui rappelle d’ailleurs qu’une " partie des contrats conclus avec ces compagnies prévoit un soutien effectif de la part de la Commission pour développer ces capacités de production ".

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La stratégie européenne de vaccination est censée garantir unité et solidarité entre les Etats membres. © Photo by Olivier HOSLET / POOL / AFP

Mais la Commission n’aurait-elle pas dû précommander une plus grande quantité de vaccins à Pfizer/BioNTech pour protéger les citoyens européens face au Covid-19 ? A cette question, la Commission européenne a une réponse très simple, validée par les Etats membres : elle a préféré ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. " L’Union européenne est parvenue à construire un portefeuille très diversifié de presque deux milliards de doses. Il faut savoir que ce portefeuille a été développé dans une période de grande incertitude. Quand nous avons négocié les contrats avec ces six sociétés, et avec d’autres sociétés encore, à ce moment-là, nous n’avions pas la moindre certitude sur le fait que ces vaccins soient jugés sûrs et efficaces par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Donc, pour contrer cette incertitude, la philosophie de notre stratégie a été de développer un portefeuille diversifié, en investissant et en précommandant des doses de différentes sociétés utilisant des technologies différentes, ce qui augmentait les chances d’avoir au moins un ou plusieurs de ces vaccins considérés au final comme sûrs et efficaces ".

Une accélération espérée

 

Cette procédure d’autorisation des vaccins est menée par l’EMA qui, face à la gravité de la crise sanitaire, a accéléré son travail. Après le feu vert donné fin de l’année dernière au vaccin de Pfizer/BioNTech, on s’attend à ce que l’agence se prononce rapidement sur la sécurité et l’efficacité du vaccin Moderna. Une décision très attendue qui pourrait tomber dans les jours qui viennent. Un feu vert qui pourrait accélérer les campagnes de vaccination au sein de l’Union européenne.

Pour tenter de calmer les plus impatients, la Commission européenne a également annoncé aujourd’hui qu’elle discutait avec Pfizer/BioNTech la possibilité d’acheter des doses supplémentaires, en plus des 300 millions de doses pour lesquelles il existe déjà un accord.


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Le point sur la campagne de vaccination en Belgique: JT du 04/01/2021

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