Les trois symboles de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

Les trois symboles de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray
Les trois symboles de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray - © MATTHIEU ALEXANDRE - AFP

Un lieu qui n'est pas inconnu des services anti-terroristes

Saint-Etienne-du-Rouvray, dans la banlieue de Rouen, sur la rocade, est une petite commune de 29 000 habitants, population plutôt ouvrière. Pour les services anti-terroristes français, ce n'est pas une commune anonyme. Plusieurs opérations de police ont été menées par le passé. En 2014, une petite filière qui achemine des combattants djihadistes vers la Syrie y a été démantelée.

La justice française parle même d'un mini-réseau, à cheval sur Saint-Etienne-du-Rouvray et sur Elbeuf, autre commune de l’agglomération de Rouen. Un réseau où l'on croise d'ancien délinquants et des jeunes gens en perdition. Parmi eux, Maxime Hauchard. Lui, est de Bosc-Roger, à quelques kilomètres de là, mais fréquente le Lycée d'Elbeuf.

Il rejoint la Syrie et l'organisation terroriste Etat Islamique en août 2013, après des passages en Mauritanie. Il a surtout été identifié comme l'un des bourreaux de l'Etat Islamique. On le voit égorger et décapiter ses victimes sur des vidéos.

Maxime Hauchard était un étudiant sans histoire, dont les parents sont catholiques. Il s'est converti à l'Islam à l'âge de 17 ans, puis s'est très rapidement radicalisé. Il pose à visage découvert sur les vidéos de propagande.

Le crime à l'arme blanche, signature des islamistes

Égorger, décapiter : ce sont des méthodes destinées à frapper l'opinion publique, raison pour laquelle ces exécutions sont souvent filmées . Elles démontrent la détermination du bourreau. Décapiter sa victime, c'est une démonstration de victoire et de puissance.

L'arme blanche supprime la distance qui existe avec une arme à feu. Une forme de signature, régulièrement utilisée en Syrie et désormais exportée en Europe. Égorger un prêtre à Saint-Etienne du Rouvray, là d'où provient l'un des bourreaux de Daesh, c'est évidement très symbolique.

Viser l'Eglise catholique

L'intention est très claire: il s'agit de dresser les communautés les unes contre les autres. Catholiques contre musulmans, on recherche l'affrontement religieux. C'est la rhétorique des terroristes avec des expressions comme "croisés" ou "royaume de la croix" utilisés dans leurs communiqués de revendication.

En 1996 déjà, le GIA algérien avait décapité 7 moines à Tibhirine. Plus proche de nous, en avril 2015 un projet d'attentat devait viser une église à Villejuif dans la banlieue de Paris. L'attentat avait échoué, son auteur s'était lui-même blessé avec son arme, il avait été interpellé par des policiers. L'enquête a révélé qu'il était en contact avec un commanditaire en Syrie qui l'encourageait à attaquer des lieux de culte.

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