Les six idées fausses que vous avez sur le virus Ebola

Six affirmations erronément dramatiques à propos d'Ebola
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Six affirmations erronément dramatiques à propos d'Ebola - © PASCAL GUYOT - BELGAIMAGE

L'actuelle épidémie de fièvre Ebola qui secoue l'Afrique de l'Ouest est considérée comme la pire que le monde ait jamais connue. Sa progression fulgurante la rend très effrayante. Face au vent de panique qui saisit les pays autour du monde, et ironiquement en Occident depuis la découverte d'une personne infectée aux Etats-Unis, il s'agit de couper les ailes à certaines contrevérités. Et de mettre en évidence un point: les populations concernées risquent plus de mourir d'autres maladies.

Depuis décembre 2013, mois présumé de son apparition en en Guinée, la maladie a infecté plus de 6000 personnes, essentiellement en Afrique. Elle en a tué près de 3000.

L'absence de traitement, en tous cas de médicaments autorisés sur le marché, le manque d'infrastructures hospitalières et de moyens dans les pays concernés, son mode de contamination par le contact, rend la maladie dangereuse. Et provoque aussi la peur.

Sans remettre en cause le caractère exceptionnel de l'épidémie, ni l'urgence de trouver des solutions pratiques, le site Vox, analyse six affirmations, péremptoires ou dramatiques, pour mieux déterminer les façons de la combattre.

1. La propagation des épidémies de fièvre Ebola serait irrésistible

Affirmer que la propagation de l'épidémie est impossible à contrôler est faux. S'il est vrai que l'épidémie que connaissent plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest depuis l'année passée est la plus mortelle depuis l'apparition du virus, toutes ont jusqu'à présent pu être stoppées, rappelle Vox. Et il y en a eu 33, impliquant diverses formes du virus de la fièvre hémorragique Ebola. Et de préciser que les étapes menant au contrôle de l'épidémie dans le passé, et tout à fait indiquées dans la circonscription de la propagation, comportaient des mesures d'isolement des patients jusqu'à ce qu'ils ne présentent plus de danger.

La violence de l'épidémie actuelle, ajoute le site d'informations américain, tient à la découverte tardive de l'existence de la maladie. Elle a été en outre aggravée par des structures de soins déficientes, ce qui a favorisé l'augmentation de son ampleur.

2. Ebola serait une condamnation à mort définitive

Faux. Près de la moitié des patients atteints guérissent. En comparaison, le taux de survie des patients contaminés par une précédente forme du virus, appelée Ebola du Zaïre, était d'à peine 20%.

3. Les patients atteints de fièvre Ebola présenteraient toujours une hémorragie interne

Faux. La plupart des malades ne présentent aucune hémorragie. Les premiers symptômes sont similaires à une simple grippe. Par ailleurs, aucune corrélation n'existe entre la présence d'hémorragies et la probabilité de décès.

Ce qui rend Ebola dangereux est plutôt le fait que le virus s'attaque aux organes des malades, les rendant inopérants.

4. La fièvre se répandrait par l'air ambiant

Faux. Le virus ne se transmet pas par voie aérienne. C'est par le contact avec les fluides corporels d'une personne malade que l'on peut être contaminé. Si une personne éternue, il est possible que la maladie se transmette, mais à de très petites distances, à travers les gouttes qui pourraient atteindre le nez, les yeux ou la bouche. Et, même si cela arrive, il serait extrêmement rare qu'un virus change de mode de transmission.

5. La maladie s'attraperait très facilement

Faux. Le virus Ebola est par exemple plus difficile à attraper que la rougeole. Le mode de transmission se faisant par l'intermédiaire des liquides corporels, il faut être en contact avec ceux d'une personne infectée, qui aurait aussi déjà développé la maladie.

6. Ebola serait la maladie la plus dangereuse au monde

Si Ebola présente le plus haut taux de mortalité parmi les maladies infectieuses connues, le virus est loin d'être aussi mortel que le Sida, une autre épidémie qui décime les populations de certains pays africains. Les maladies respiratoires, la malaria ou la diarrhée tuent également beaucoup plus de personnes.

Cela dit, précise Vox, si on prend en compte le pire scénario possible, près d'un million 400 mille personnes pourraient être infectées d'ici janvier 2015. Ce qui voudrait dire que 700 000 personnes pourraient décéder de la maladie.

Vox souligne surtout que les dégâts occasionnés par l'épidémie dans les pays africains a des conséquences sur les taux de mortalité d'autres maladies, qui ne sont plus prises en charges par manque de moyens, prioritairement affectés au traitement d'Ebola.

"L'Afrique de l'Ouest souffrira beaucoup plus et connaitra plus de décès lors d'accouchements,à cause du paludisme, de la tuberculose, du Sida, des maladies respiratoires, du diabète, du cancer, des maladies cardiovasculaires, et de santé mentale pendant et après l'épidémie d'Ebola", concluaient des britanniques cités par le site.

W. F., avec Vox

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