Les sirènes d'alerte ont résonné à Tel Aviv, le système anti-missile en action

Sirènes d'alerte à Tel Aviv, le système anti-missile en action
Sirènes d'alerte à Tel Aviv, le système anti-missile en action - © Belga

Les sirènes d'alerte aérienne ont retenti samedi après-midi à Tel Aviv, pour la troisième journée consécutive, tandis que la télévision israélienne montrait des images d'une batterie anti-missile "Iron Dome" en action contre une roquette.

Au même moment, à Gaza, la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a annoncé avoir tiré sur Tel Aviv une roquette Fajr 5, de fabrication iranienne. De fabrication iranienne, elle a une portée de 75 km, contre une quinzaine de kilomètres pour les roquettes artisanales Qassam du Hamas, selon des experts.

L'Iran, qui soutient les mouvements islamistes palestiniens, ne reconnaît pas Israël et affirme régulièrement que l'Etat hébreu est voué à disparaître. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a appelé vendredi au téléphone le chef du Jihad islamique et le chef en exil du Hamas pour apporter le soutien de l'Iran "à la résistance palestinienne face aux agressions du régime sioniste".

L'Iran dément toutefois la livraison

Le ministre iranien s'est dit "prêt à se rendre à Gaza" et a proposé l'envoi d'une aide humanitaire pour la population de l'enclave palestinienne. Mais le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement iranien a démenti que l'Iran ait livré des roquettes Fajr 5 aux groupes armés palestiniens de Gaza, a rapporté samedi la chaîne de télévision en arabe Al-Alam.

"Nous démentons la livraison de Fajr 5 à la résistance palestinienne. L'objectif de ces accusations est de montrer que cette résistance est faible mais elle est parfaitement capable de se procurer les armes dont elle a besoin", a déclaré Allaeddine Boroujerdi.

Un Palestinien a été tué samedi

"Ossama Qadi, 25 ans, a été tué et deux autres Palestiniens ont été blessés dans une frappe aérienne sur Rafah, dans le sud de la bande de Gaza", a déclaré un porte-parole des services d'urgences à Gaza , ce qui porte à 10 le nombre des Palestiniens tués depuis le début de la matinée de samedi.

Plus tôt dans la semaine, trois membres des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas au pouvoir à Gaza, ont été tués dans le camp de réfugiés de Maghazi (centre). Un quatrième combattant des Brigades al-Qassam a aussi été tué dans le quartier de Tall al-Sultan à Rafah. Ces derniers décès portent le bilan des hostilités entre Israël et les groupes armés de Gaza à 43 morts - 40 Palestiniens et trois Israéliens - depuis le lancement mercredi de la nouvelle offensive israélienne avec l'assassinat d'Ahmad Jaabari, chef des opérations militaires du Hamas.

Les trois Israéliens ont péri jeudi lorsqu'une roquette palestinienne a frappé leur immeuble dans le sud d'Israël. Quelque 345 Palestiniens ont été blessés dans l'offensive, selon des sources médicales à Gaza.

Délégation du Hamas et de la Turquie au Caire

Le chef du Hamas Khaled Mechaal était au Caire samedi pour discuter d'une issue au conflit à Gaza, mais son mouvement est peu disposé à accepter un cessez-le-feu sans avoir de garanties qu'Israël respectera une trêve, a-t-on appris auprès d'un haut responsable du Hamas.

M. Mechaal devait rencontrer le chef des services de renseignements égyptiens et s'entretenir avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et l'émir du Qatar Hamad Ben Khalifa Al-Thani, tous deux en visite officielle au Caire, selon la même source. Le Hamas doute qu'un pays, quel qu'il soit, puisse assurer les termes d'un cessez-le-feu, a ajouté ce responsable, sous couvert d'anonymat.

"Par l'intermédiaire de l'Egypte, nous nous étions mis d'accord sur une trêve, et elle a été interrompue au bout de 48h", a-t-il rappelé, en allusion à an raid ciblé de l'armée israélienne mercredi contre le chef des opérations militaires du Hamas, après des tirs de roquettes.

"L'Egypte ne peut plus dire 'je me porte garant d'une trêve'", a-t-il affirmé.

En janvier 2009, c'est une trêve négociée par l'Egypte qui avait permis de mettre fin à la dévastatrice opération "Plomb durci" lancée quelques semaines plus tôt par Israël contre les groupes armés de Gaza.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé samedi au Caire qu'Israël devrait rendre des comptes pour le "massacre d'enfants innocents" à Gaza, après avoir accusé plus tôt dans la journée l'Etat hébreu d'avoir violé le cessez-le-feu.

"Tout le monde doit savoir que tôt ou tard, des comptes seront demandés pour le massacre de ces enfants innocents tués par des méthodes inhumaines à Gaza", a déclaré M. Erdogan dans un discours devant l'Université au Caire.

Le Premier ministre turc Erdogan au Caire

Recep Tayyip Erdogan est arrivé samedi en Egypte pour une visite destinée à renforcer les liens entre les deux pays, qui se retrouve dominée par le conflit à Gaza pour lequel Le Caire et Ankara critiquent vivement Israël. Il a notamment rencontré le président égyptien Mohamed Morsi, issu du mouvement des Frères musulmans, historiquement proche du Hamas palestinien qui contrôle la bande de Gaza.

L'Egypte et la Turquie sont sous pression des Etats-Unis pour amener le Hamas à cesser de tirer des roquettes sur Israël, mais les deux pays ont de leur côté fermement condamné l'Etat hébreu pour ses attaques sur l'enclave palestinienne.

"Israël fait un tapage international avec ses trois morts (...) En fait c'est Israël qui a violé le cessez-le-feu", avait déclaré M. Erdogan à Ankara avant de partir pour l'Egypte.

"C'est une tactique d'Israël que de pointer du doigt le Hamas et d'attaquer Gaza", a affirmé M. Erdogan qui a indiqué s'être entretenu vendredi soir du conflit à Gaza avec le président américain Barack Obama et le président russe Vladimir Poutine.

Le président Morsi a quant à lui dénoncé vendredi l'offensive israélienne contre la bande de Gaza comme "une agression flagrante contre l'humanité", en promettant que son pays "ne laisserait pas Gaza seule".

La Turquie, autrefois proche alliée d'Israël, est en froid avec l'Etat hébreu depuis que des commandos israéliens ont tué neuf ressortissants turcs qui tentaient de briser le blocus de Gaza à bord d'un ferry turc chargé d'aide humanitaire en mai 2010.

Le Caire est lié depuis 1979 à l'Etat hébreu par un traité de paix, mais les relations entre les deux pays sont entrées dans une période d'incertitudes depuis l'élection pour la première fois d'un président islamiste en Egypte en juin dernier.

Conversation entre Merkel et Netanyahu

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont convenu samedi lors d'un entretien téléphonique qu'il fallait "un cessez-le-feu complet le plus vite possible" après les raids israéliens sur Gaza, a indiqué le porte-parole adjoint du gouvernement allemand.

La dirigeante allemande "est d'accord avec le Premier ministre (pour dire) qu'il faut parvenir à un cessez-le-feu complet le plus vite possible afin d'éviter que du sang ne coule à nouveau", précise un communiqué.

Angela Merkel, qui s'est également entretenue par téléphone avec le président égyptien Mohamed Morsi, a confirmé à M. Netanyahu le droit d'Israël à se défendre et son devoir de protéger la population israélienne, selon la même source.

Elle a encouragé M. Morsi à poursuivre "son rôle important de médiation" avec les groupes palestiniens pour qu'ils cessent leurs attaques sur Israël. "Il faut éviter une escalade de la violence", selon le communiqué de la chancellerie.

La chancelière a également présenté ses condoléances au dirigeant égyptien après la mort de quelque 50 très jeunes enfants qui ont péri samedi dans une collision entre leur bus et un train.

Belga

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