Les sarcophages de l’Egypte ancienne comme moteur du renouveau touristique

Les récentes découvertes autour du site de Saqqara, au sud du Caire, ont été annoncées en grande pompe avec conférence de presse. Au total c’est près de 100 sarcophages ayant 2000 à 2500 ans qui ont été mis au jour, soit la plus grosse découverte depuis le début de l’année.

Mais cette grande annonce est le résultat de plusieurs fouilles déjà communiquées lors des mois précédents. Début octobre, 59 cercueils en parfait état avec des momies à l’intérieur avaient été présentés au monde et surtout à la presse. Décrit par Khaled El-Enany, le ministre du tourisme et des antiquités, comme "le début d’une grande découverte" : la mise au jour d’un des quatre puits autour de la célèbre pyramide à degrés de Djéser construite il y a 4700 ans et première de l’ère pharaonique.

Les fouilles ont donc continué avec ce samedi 14 novembre cette nouvelle annonce commentée par le ministre : "Les fouilles sont toujours en cours. Dès qu’on vide un puits funéraire avec des sarcophages, on en découvre un autre".

Une découverte parmi tant d’autres dans la région ?

L’opulence de découvertes archéologiques liées à l’Egypte ancienne ces derniers temps peut s’expliquer par plusieurs raisons aussi bien archéologiques que touristiques et politiques.

Le site de Saqqara est empreint d’une grande spiritualité pour les Égyptiens, il a été occupé et réoccupé pendant des millénaires. 

La première explication quant à cette abondance archéologique est liée à la civilisation égyptienne pour Dimitri Laboury, directeur de recherche du FNRS en égyptologie à l’université de Liège. "C’était une civilisation obsédée par la pérennité, c’est-à-dire de laisser des traces monumentales pour l’éternité", explique-t-il.

Cependant tout n’est pas médiatisé : "Depuis que l’on s’intéresse à l’Egypte ancienne on trouve en permanence des choses, il y a des découvertes importantes à peu près tous les mois", généralise Dimitri Laboury.

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Les sarcophages de l’Egypte ancienne comme moteur du renouveau touristique © Belga Images

L’après printemps arabe

En 2011, le président Hosni Moubarak est forcé de démissionner sous la pression du printemps arabe. L’autocrate voulait passer le pouvoir à son fils, mais la contestation populaire en a décidé autrement.

Pour l’archéologue de l’ULG : "Il est évident que lors de la révolution de 2011, le tourisme a littéralement été brisé. Donc depuis presque une dizaine d’années, les autorités égyptiennes font tout ce qu’elles peuvent pour dynamiser et médiatiser ce patrimoine archéologique". Le tourisme étant l’une des principales ressources économiques du pays, il y a une volonté politique derrière ces conférences de presse.

L’objectif est très clair pour Dimitri Laboury : "Dans ce que je vois des communiqués de presse, l’accent est mis sur la valorisation de ce patrimoine et montrer les capacités touristiques égyptiennes. D’autant plus que l’épidémie de covid-19 a brisé cet élan de redynamisation".

L’ouverture reportée du grand musée du Caire

Le grand musée égyptien du Caire, près du site très connu des pyramides de Gizeh, est en projet depuis plusieurs années. Son ouverture a déjà été reportée plusieurs fois et les autorités du pays veulent garder l’attention sur le patrimoine afin de faire revenir au plus vite les touristes.


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Un chantier qui doit devenir le plus grand musée archéologique au monde et est une entreprise menée par un joint-venture entre la société belge Besix et l’égyptienne Orascom Construction Industries. Chantier qui devait initialement être terminé en 2015.

Journal télévisé de 13H le 15/11 :

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