Les sapins de Noël belges vendus en Russie

Les sapins de Noël belges vendus en Russie
Les sapins de Noël belges vendus en Russie - © Tous droits réservés

Les relations entre l'Occident et la Russie restent tendues, les sanctions économiques occidentales et les embargos russes sur les produits européens affectent l'économie des deux côtés. Certains secteurs échappent pourtant à cette crise. Un marché assez inattendu se porte très bien : celui des sapins de Noël. Des milliers de sapins cultivés en Wallonie sont exportés et vendus en Russie. Une entreprise de Neufchâteau a trouvé le bon filon. Reportage en Belgique et en Russie.

Des milliers de sapins de noël sont coupés, triés et empaquetés au dépôt l’entreprise Altitude 500. Nous sommes à Neufchâteau, au cœur de l'Ardenne belge. Mais il ne faut pas s’y tromper. Tous ces arbres ne vont pas décorer un salon d'une famille en Belgique. Certains vont prendre la direction de la Russie. Preuve à l'appui avec des étiquettes en russe, que Louis Brasseur, patron de l’entreprise, nous montre : " à l’arrière de l’étiquette, vous avez quelques conseils de soins pour que l’arbre arrive en état de fraicheur en fin d’année. C’est certain, tout est adapté au marché russe. "

L'entreprise va vendre 30 à 50 000 sapins en Russie cette année. Pour le patron, c'est un nouveau débouché. Il a flairé la bonne affaire : " c’est un marché que tous les producteurs importants visionnent. C’est un marché d’avenir. Chaque année on se dit qu’il faut rentrer en Russie. Mais on se rend compte que ce n’est pas aussi facile que cela. Donc quand vous avez une opportunité, il ne faut pas hésiter. " En effet, il est devenu l'actionnaire majoritaire d'une entreprise à Moscou, cela facilite grandement les démarches administratives. Les camions y partent par dizaines. L'entreprise veut développer cette filière dans les prochaines années.

Les sapins belges décorent Moscou

Nous prenons donc la direction de Moscou. Non loin du quartier des affaires, se trouve l’entreprise dont Altitude 500 est devenue actionnaire : Flora Green. Dans le bureau, nous retrouvons les arbres partis de Neufchâteau, avec les mêmes étiquettes. Yulia Barskaya est la directrice. Elle nous explique qu’en Russie, de plus en plus d’ambassades, d’hôtels chics et des milliers de clients privés veulent avoir un sapin belge. Elle est fière de nous montrer les emails de remerciements des clients russes. " Nos clients VIP aiment ces arbres car ils sont très très beaux, ils sont de très bonne qualité, et ces sapins les rendent heureux ! "

Mais pourquoi les Russes achètent-ils nos sapins? Pour le comprendre, nous sortons de Moscou, vers le dépôt de l'entreprise. Sur le chemin, on le constate, la Russie compte des milliers d'hectares de sapins. Mais visiblement, ils ne sont pas assez biens. " Ils ne conviennent pas pour l'usage commercial. Par contre, les Nordmanns belges sont différents, beaucoup plus beaux, plus gros. Mais ils demandent aussi des conditions spéciales pour bien pousser. " En Russie, il fait trop froid. Par contre, le climat de l'Ardenne belge est parfait pour le sapin de Noël.

Au dépôt de l’entreprise russe, des milliers de sapins belges sont triés et distribués. Y sont également entreposés des arbres de Noël russes. Yulia nous le montre, la différence de qualité entre les deux types de sapins est sans appel : " ces aiguilles du sapin belge sont très stables. Elles durent très longtemps, jusqu'à 2 mois après que le sapin a été coupé. Et cet épicia, c'est le sapin traditionnel russe, il est plus fin comme vous pouvez le voir. Et ses aiguilles tombent déjà deux semaines après qu’il a été coupé. "

Pas d'embargo sur les sapins ?

Etonnement, ce marché est épargné par la crise entre l’Occident et la Russie. Il n'y a pas d'embargo russe sur les sapins de Noël : " c'est parce que notre business est de petite taille, il n'est pas comparable aux entreprises de pétrole ou de gaz. On apporte du bonheur aux gens, et on espère que notre business ne sera jamais détruit et ne sera jamais touché par un embargo ou par les sanctions. "

Yulia nous invite à terminer la journée dans son appartement, avec son compagnon, Sergei Polferov. Elle a aussi son propre sapin de Noël belge, qu’elle décore quand nous sommes chez elle. Sergei nous fait part d’une anecdote historique, qui prend tout son sens en période de crise entre les Russes et les Occidentaux : "Cette tradition de mettre des boules est arrivée en Russie depuis l'Europe grâce au Tsar Pierre le Grand, qui l'a importée. Cela montre qu'il y a de grandes relations entre la Russie et l'Europe."

Entre-temps, le sapin est décoré, Yulia est ravie : "Notre beau sapin belge est prêt pour la fête !" Et l'on dit que Noël, c'est la réconciliation des contraires. Le retour de l'entente parfaite entre les peuples.

Aurélie Didier, envoyée spéciale en Russie. Avec David Brichard

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