Les Rohingyas réclament justice après l'enquête de l'ONU, la Birmanie se soustrait aux accusations

Les Rohingyas réclament justice après l'enquête de l'ONU
Les Rohingyas réclament justice après l'enquête de l'ONU - © DIBYANGSHU SARKAR - AFP

Des responsables rohingyas réfugiés au Bangladesh ont appelé ce mardi les Nations unies à s'assurer que les généraux birmans étaient traduits en justice, au lendemain d'un rapport de l'ONU accusant l'armée de "génocide" contre la minorité musulmane.

La Birmanie s'est distanciée des conclusions du rapport très sévère dressé par l'ONU. Selon un porte-parole du gouvernement birman, la commission d'enquête "indépendante" birmane n'a pas fini son travail à propos des événements survenus dans l'Etat de Rakhine. Cette enquête a commencé la semaine passée mais est considérée par les experts en matière de droits de l'Homme comme une façon de camoufler les événements.

La Birmanie avait rejeté l'an dernier une motion du conseil des droits de l'Homme de l'ONU demandant une enquête sur la situation des Rohingyas. Les experts des Nations Unies n'avaient pas non plus pu pénétrer dans le pays

Génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre

Au terme d'une longue enquête, la Mission d'établissement des faits de l'ONU sur la Birmanie a recommandé ce lundi de poursuivre plusieurs membres du haut commandement militaire birman pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et "crimes de guerre" contre les Rohingyas.

"L'ONU doit s'assurer que la justice s'accomplit", a déclaré à l'AFP le responsable communautaire Abdul Gowffer, joint au téléphone dans les camps de réfugiés du sud du Bangladesh où vivent désormais un million de personnes.

En 2017, plus de 700.000 Rohingyas ont fui au Bangladesh voisin après une offensive de l'armée birmane lancée en représailles d'attaques par des rebelles rohingyas. Malgré les récits concordants rapportés par les réfugiés de massacres, viols et incendies de villages, les autorités birmanes nient en bloc.

Les coupables doivent être punis

"Les commandants doivent faire face à un procès de la Cour pénale internationale" de La Haye, a estimé Abdul Gowffer.

Les enquêteurs ont appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à porter la situation en Birmanie devant la Cour pénale internationale ou à créer un tribunal international ad hoc, comme cela avait été le cas pour le Rwanda ou l'ex-Yougoslavie.

"Cela a déjà pris un an pour arriver à cette décision de l'ONU", a relevé Dil Mohammad, un autre leader rohingya du district de Cox's Bazar (sud).

"De nombreuses choses doivent être réalisées très rapidement pour que nous puissions retourner sur notre terre dignement et en sécurité", a-t-il dit, en référence à un accord de rapatriement des réfugiés entre Dacca et Naypyidaw, qui est actuellement au point mort.

Le Conseil de Sécurité doit se pencher sur la situation en Birmanie mardi soir à New York.

Le début de l'exil des Rohingyas, c'était il y a un an (sujet JT 13h):

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