Les Rohingyas: "L'une des ethnies les plus persécutées au monde

" l'une des ethnies les plus persécutées au monde " selon l'ONU.
" l'une des ethnies les plus persécutées au monde " selon l'ONU. - © SUTANTA ADITYA - AFP

La plupart des migrants à la dérive sur des embarcations dans la Baie du Bengale appartiennent à la minorité Rohingya. Persécutés en Birmanie, ils tentent de fuir dans les pays voisins.

"Rohingya", c'est un nom que vous avez du entendre cette semaine sur l’antenne de la RTBF, et peut-être même le découvrir. Généralement, on les a présentés comme une minorité musulmane, persécutée en Birmanie. On y a même ajouté des superlatifs qui ne manquent pas.

Ils sont " l'une des ethnies les plus persécutées au monde " selon l'ONU. Ils sont également le "plus grand peuple apatride du monde ". Et jusqu’à cette semaine, on peut également dire qu’ils étaient "l’un des peuples les plus ignorés au monde" en dépit de plus 60 ans de persécution en Birmanie.

De la Birmanie on connaît surtout la junte militaire et son opposante la plus connue Aung San Suu Kyi. Le destin d’une femme de fer sacrifiant sa vie pour s’opposer à une dictature, ça retient davantage l’attention. Ça fait même des beaux films à Hollywood…

Et pourtant, il faut reconnaître la capacité de la junte birmane à persécuter non seulement des individus mais aussi des ethnies entières. En 1982, elle a décidé de retirer la nationalité birmane au 800 000 Rohingyas sur son territoire.

Le régime militaire ne s’est pas arrêté là : interdiction également pour eux de se déplacer dans le pays ou d'accéder à l'éducation et même parfois de se marier… A cela s'ajoute des persécutions de l'ethnie majoritaire bouddhiste.

Une haine qui grandit

Les Rohingyas ont historiquement une mauvaise image qui leur colle à la peau : celle serviteurs apportés du Bengladesh à la fin 19e siècle par les colons britannique. Depuis, la haine grandit et se nourrit au quotidien.

En 2012, la communauté Rohingya est rendue responsable du viol et du meurtre d'une jeune bouddhiste. C'est l'étincelle qui aggrave encore la situation. Plusieurs semaines de violence... l’État d'urgence est décrété.

Les Rohingyas sont pourchassés. Beaucoup sont enfermés dans des camps. C’est encore le cas aujourd'hui. Human Rights Watch parle même de " nettoyage " ethnique...

Alors les membres de cette minorité font ce que n'importe qui ferait à leur place, ils cherchent à s'enfuir. Ils le font par bateau. En tout cas, ils essaient en payant des passeurs. 120 000 d’entre eux l’ont fait ces 3 dernières années.

Des migrants qui meurent en mer et que personne ne veut accueillir, ça nous rappelle l’actualité de ces dernières semaines (en Méditerranée cette fois). Il aura sans doute fallu ce parallèle pour les Rohingyas soient un peu moins ignorés.

Julien Jeffredo

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