Les quatre grands suspenses qui animeront l'Assemblée générale de l'ONU

Deux des protagonistes de cette assemblée générale
Deux des protagonistes de cette assemblée générale - © IMAGEGLOBE

La 68ème assemblée générale s’ouvre ce mardi à New-York dans un contexte international tendu. La crise majeure du moment concerne la Syrie mais les regards se tournent aussi vers une poignée de mains, les discussions de paix entre Israël et Palestine et la présence du président du Soudan.

Parmi les questions brûlantes qui animeront l'Assemblée générale de l'ONU cette semaine, en voici quatre qui vont focaliser toutes les attentions:

L’attitude de l’Iran

Le président iranien Hassan Rohani, élu le 14 juin dernier, est un invité très attendu. Ce voyage sera pour lui l’occasion d’améliorer l’image de l’Iran auprès des Occidentaux. Son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad n’avait cessé de condamner Israël lors de ses discours à l’ONU.

Lors de ses discussions avec les Occidentaux, Rohani mettra en avant la nature strictement civile du programme nucléaire de Téhéran. L’échange entre les Etats-Unis et l’Iran sera donc scruté de près. Pour de nombreux analystes, la poignée de mains éventuelle entre le président américain Barack Obama et le nouveau chef d'Etat iranien constitue l'un des principaux attraits de cette 68ème Assemblée.

Obama/Poutine et le dossier syrien

On le sait, les relations entre Poutine et Obama restent glaciales. On connaît l'antagonisme des deux chefs d'Etat concernant le dossier syrien (notamment sur la question de l'utilisation des armes chimiques). Et déjà début août, Obama avait annulé sa venue à Moscou. Si les deux hommes se sont rencontrés lors du G20 à Saint-Pétersbourg, les relations sont restées extrêmement tendues. La lettre du sénateur américain John McCain au peuple russe n'aura rien arrangé.

La Russie, tout comme la Chine, reste fermement opposée à toute action militaire contre la Syrie. La perspective d'une intervention militaire en Syrie s'est rapprochée suite à l'attaque chimique perpétrée le 21 août dernier dans la banlieue de Damas, provoquant la mort d’environ 1420 personnes. Etats-Unis, France et Grande-Bretagne continuent d'accuser le régime de Bachar al-Assad, tandis que la Russie et la Chine restent persuadés qu'il s'agit là d'un fait commis par les rebelles.

Dans une récente interview, le président syrien Bachar al-Assad a déclaré qu’ "en appelant les Etats-Unis et la Russie à s’entendre sur un accord, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne tentent simplement de se proclamer gagnants dans une guerre contre la Syrie qu’ils prennent pour leur ennemi imaginaire".

Le grand barnum diplomatique de New-York permettra-t-il de trouver un compromis entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité sur cette brûlante question?

Reprise des discussions de paix entre Israël et Palestine?

Le président Barack Obama qui soutient la création d’un Etat Palestinien, le dit : "La désignation de cet Etat ne peut être atteinte qu’à travers des négociations directes avec les Israéliens".

La diplomatie américaine avait joué un rôle important cet été pour un accord de paix dans le dossier israélo-palestinien. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry avait réussi à obtenir un accord pour la reprise, sur neuf mois, des pourparlers entre les deux camps. Mais le compromis est toujours resté fragile. Quarante-huit heures avant la première réunion des négociateurs, à Jérusalem, le gouvernement israélien avait annoncé la construction de près de 1200 nouveaux logements à Jérusalem-Est et dans les colonies israéliennes de Cisjordanie. Le président palestinien Mahmoud Abbas et le négociateur Saeb Erekat avaient protesté auprès de John Kerry pour ce nouvel acte hostile. 

On ne note donc pas de réel progrès dans les derniers échanges organisés à Washington depuis le mois de juillet. John Kerry a, en tout cas, imposé que leur contenu reste secret.

Le président du Soudan, inculpé pour crimes de guerre, sera-t-il présent?

Omar Hassan el-Béchir, le président du Soudan recherché depuis des années par la Cour pénale internationale pour génocide et crimes de guerre dans le conflit du Darfour, a déclenché la grande colère des groupes de défense des Droits de l'Homme avec son intention d’assister à cette 68ème Assemblée générale de l’ONU. Les responsables américains ont annoncé que el-Béchir avait introduit une demande de visa. En tant que pays hôte de l'ONU, les Etats-Unis sont dans l'obligation de prolonger les visas des dirigeants étrangers qui souhaitent participer à la session plénière. "Un tel voyage serait déplorable, cynique et extrêmement inapproprié", a déclaré Samantha Power, l'ambassadrice américaine aux Nations Unies. Le président soudanais se verra-t-il octroyer un visa pour être ensuite arrêté à sa descente d’avion?

Luigi Lattuca (st.)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK