Les premiers taxis volants pourraient sillonner le ciel européen à partir de 2024

Leur appellation évoluera peut-être encore : d’abord identifiés sous l’acronyme "VTOL", pour véhicule (électrique) à décollage et atterrissage vertical, ou encore "ADAV" (aéronef à décollage et atterrissage verticaux), ils sont aujourd’hui désignés de façon plus simple comme " taxis volants ", puisque l’idée est que ces engins soient capables de transporter non seulement des colis – et dans ce cas, on conservera plutôt le nom de drone – mais aussi et surtout des personnes.

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est désormais plus question de science-fiction mais d’une réalité toute proche : leur apparition dans le ciel est de plus en plus imminente.

L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) vient de réaliser une étude très détaillée, la toute première du genre, pour évaluer l’adhésion des citoyens à ce nouveau mode de transport. Réalisée entre novembre 2020 et avril 2021 auprès de 4000 personnes dans six villes européennes (Paris, Milan, Barcelone, Hambourg, Budapest et Öresund, à la frontière entre le Danemark et la Suède) avec un minimum de 600 personnes dans chaque zone, l’enquête montre un soutien assez large à ce qui est appelé la " mobilité aérienne urbaine ".

L’utilisation envisagée serait multiple : le déplacement vers ou depuis un aéroport, des visites urbaines touristiques et tout le volet de l’aide médicale, urgente ou non. Le choix de ces villes s’est fait sur la base de toute une série de critères permettant d’établir le potentiel d’accueil de ces taxis volants, comme l’espace pour aménager un aéroport urbain ou des corridors aériens possibles. Paris est la ville qui correspond le mieux à ces critères, devant Berlin, Rome, Munich et Madrid ; Bruxelles est à la 12e place, devant d’autres villes comme Amsterdam, Lyon, Bologne ou Helsinki.

Les Européens semblent prêts à la mobilité aérienne urbaine

De façon assez homogène dans toutes les régions sondées, 71% des personnes ont répondu être prêtes à utiliser les services de livraison par drone ou de déplacement en taxi aérien. Dans le détail, 64% sont prêts à essayer les drones, et 50% n’hésiteraient pas à grimper dans un taxi volant. Pour 41%, le principal bénéficiaire de ce nouveau mode de transport serait toutefois les activités médicales d’urgence, grâce à une réponse plus rapide en cas d’urgence.

Mais parmi les autres avantages estimés par les Européens interrogés figurent aussi un gain de temps (moins de temps perdu dans les embouteillages), une réduction des émissions de CO2 et aussi le développement de certaines zones isolées.

 

Plusieurs inquiétudes à prendre en compte

S’ils se sont majoritairement montrés favorables à l’arrivée des taxis volants, les Européens interrogés n’en ont pas pour autant oublié d’exprimer quelques inquiétudes : il y a d’abord et avant tout la sécurité qui est clairement la principale préoccupation tant pour l’utilisation de drones que de taxis volants. L’attente des citoyens est un niveau de sécurité au moins aussi élevé que dans l’aviation.

Par ailleurs, 62% des personnes interrogées redoutent un impact négatif sur les animaux, que ce soit les oiseaux ou les insectes ; 52% craignent une pollution sonore supplémentaire – la demande est que le bruit ne dépasse le niveau actuel, mais les prévisions font état d’une acceptation supérieure progressive au fur et à mesure de l’exploitation des appareils- et 43% se disent préoccupés par l’aspect environnemental, notamment par la production des batteries qui alimenteront les nouveaux engins volants.

L’Agence européenne de la sécurité aérienne, qui a déjà entamé le processus de certifications de certains appareils, prévoit d’accorder les premiers feux verts pour les machines légères d’ici 2024, c’est en tout cas ce qu’a expliqué le directeur de l’Agence lors de la présentation de cette étude. Le constructeur allemand Volocopter espère par exemple profiter des Jeux olympiques de Paris pour faire la démonstration de son modèle VoloCity, prévu pour transporter 2 personnes et quelques bagages.


Lire aussi: Un taxi volant électrique a volé au-dessus de Singapour (vidéo)


 

Des essais ont déjà été réalisés à Singapour où l’entrée en service pourrait se faire en 2023, et ce devrait être au tour de Paris en juin prochain – plus exactement l’aérodrome de Pontoise – Cormeilles-en-Vexin dans le Val d’Oise à 60 km de la capitale française.

Des dizaines de constructeurs sont dans les starting-blocks

Dans ses cartons, le constructeur allemand veut aussi proposer un modèle capable de transporter 4 passagers sur une distance maximale de 100 km, ce qui permettrait d’interconnecter villes et banlieues. Et ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres : il y a en réalité des dizaines de constructeurs dans les starting-blocks pour cette future mais de plus en plus proche mobilité aérienne urbaine.

A Coventry, au Royaume-Uni, un " vertiport " ou " aéroport urbain " spécialement conçu pour accueillir les taxis volants devrait voir le jour avant la fin de cette année.

"Je pense que l’utilisation commerciale des taxis aériens peut commencer en 2024 ou 2025", a déclaré Patrick Ky, directeur de l’Agence européenne de la sécurité aérienne.

Selon l’AESA, ce nouveau mode de transport va représenter un marché de 4,2 milliards d’euros en Europe d’ici 2030, et créer 90.000 emplois.

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