Les populistes espèrent conquérir la Sicile, avant l'Italie, sur fond de corruption

Les populistes espèrent conquérir la Sicile, avant l'Italie, sur fond de corruption
Les populistes espèrent conquérir la Sicile, avant l'Italie, sur fond de corruption - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

La Sicile vote dimanche à l'occasion d'un scrutin que beaucoup en Italie considèrent comme une sorte de répétition générale avant les élections législatives début 2018.

M5S

Seule différence: en Sicile, les populistes du Mouvement Cinq étoiles (M5S) sont au coude-à-coude avec la droite emmenée par l'ex-chef du gouvernement Silvio Berlusconi, assez loin devant le Parti démocrate (PD, centre-gauche) emmené par l'ancien chef du gouvernement Matteo Renzi, qui pèse bien davantage au niveau national.

En attendant 2018, le M5S compte bien gagner en Sicile sa première région en jouant la carte de l'honnêteté face aux partis traditionnels tous plus ou moins englués dans des affaires de corruption; une stratégie qui lui a permis de faire une entrée fracassante au Parlement en 2013.

C'est en tout cas ce que Patrizio Cinque, le maire Cinq Etoiles de Bagheria, essaie de faire dans sa ville, véritable concentré des problèmes de la Sicile entre mafia, constructions illégales et gestion des déchets.

Des candidats "douteux"

Cette élection, comme les précédentes, a son lot de candidats "douteux", toutes tendances politiques confondues, surnommés ainsi pour leur lien supposé avec la mafia.

Le M5S, et son candidat Giancarlo Cancelleri, ont donc logiquement joué à fond la carte de l'honnêteté face à la corruption mafieuse, en réclamant par exemple l'implication de l'OCDE dans la surveillance du scrutin.

Le danger d'élections corrompues est bien réel: près de deux millions d'Italiens se sont vu offrir de l'argent ou des privilèges en faveur de leur vote au moins une fois dans leur vie, a révélé l'Istat. Pour en finir avec ce système, le M5S a promis un arsenal juridique extrêmement dur contre la corruption, mais sur le terrain les choses sont plus compliquées.

Le maire de Bagheria est lui-même l'objet d'une enquête pour abus de pouvoir et détournement de fonds, autant d'accusations qu'il nie. Patrizio Cinque, 32 ans, est persuadé que l'ouverture d'une enquête à son encontre est surtout destinée à ternir la réputation du M5S peu avant le scrutin.

Mais en Sicile comme dans le reste de l'Italie, le mouvement populiste et anti-système est persuadé que l'écoeurement des Italiens face à une classe politique jugée inefficace ou corrompue lui permettra de l'emporter.

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