Les pirates somaliens, des "gardes-côtes" ?

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Les pirates estiment qu'ils ont été mal compris jusqu'à présent. Ils ne se considèrent pas comme des "bandits de mer" mais comme des gardes-côtes. C'est ce qu'affirme le porte-parole des pirates somaliens qui ont détourné un cargo ukrainien en septembre dernier.

Le porte-parole des pirates, Sugule Ali, a été interrogé à l'époque des faits par un journaliste somalien et publié par The New York Times.

Dans cette interview de 45 minutes, Sugule Ali affirme que les pirates somaliens qui ont détourné un bateau ukrainien chargé d'armes (dont 33 chars d'assaut, des systèmes de défense anti-aérienne et des lance-roquettes) en septembre dernier, ne connaissaient pas son contenu avant de s'en emparer.  "Nous avons juste vu un grand bateau" affirme-t-il.

L'argent ne serait pas leur motivation principale. "Nous ne nous considérons pas nous-mêmes comme des bandits de mer", a-t-il dit. "Pour nous, les bandits de mer sont ceux qui pêchent illégalement du poisson dans nos mers et ceux qui y rejettent leurs déchets". Nous sommes simplement des patrouilleurs dans nos mers. Nous sommes en quelque sorte des gardes-côtes".

On apprend également dans cette interview que les pirates n'étaient pas intéressés par les armes et qu'ils ne prévoyaient pas de les vendre à la lutte contre les insurgés islamistes en Somalie. "Pendant des années, la Somalie a souffert des dégâts causés par ces armes, nous ne voulons pas que la souffrance et le chaos continuent" a-t-il ajouté et d'affirmer qu'au départ ils voulaient juste s'emparer de la nourriture qui se trouvait à bord du navire.

Selon un fonctionnaire somalien, l'industrie de la piraterie a commencé il y a environ dix à quinze ans en Somalie. Vu l'absence de patrouilles le long de la rive, les eaux riches en thons ont été pillées par des flottes de pêche commerciale venues du monde entier. Pour y remédier, les pêcheurs somaliens se sont, eux-mêmes, armés et se sont transformés en vigile exigeant de ces pêcheurs illégaux un impôt.    

"Depuis, ils sont devenus cupides" a déclaré Mohamed Aden Osman, un diplomate somalien au Kenya. "Ils attaquent n'importe qui".

Rappelons qu'à l'époque les pirates exigeaient une rançon de 20 millions de dollars pour le navire. Quand le journaliste lui a demandé pourquoi ils avaient besoin d'autant d'argent pour "se protéger de la faim", le porte-parole des pirates a ri et a répondu: "Parce que nous avons beaucoup d'hommes".

(C. Biourge avec The New York Times)

 

 

 

 

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