Les pesticides sont-ils la cause de malformations chez des nouveaux-nés en France?

Des cas similaires de malformations sont observés chez des nouveaux-nés de régions très restreintes
Des cas similaires de malformations sont observés chez des nouveaux-nés de régions très restreintes - © PABLO AHARONIAN - AFP

Des pesticides sont suspectés d'avoir entraîné des malformations chez des nouveau-nés en France. 

L’administration de la santé publique doit publier trois rapports ce matin concernant des enquêtes menées en Bretagne, en Rhône-Alpes et en Loire-Atlantique. Dans ces régions, plusieurs bébés d’un même village sont nés sans mains ou sans avant-bras.

Schéma identique

Ces investigations concernent des cas signalés entre 2011 et 2015, qui présentent à chaque fois le même schéma : plusieurs bébés nés en zone rurale, présentent des malformations graves au niveau des mains et des bras. Ces malformations sont appelées agénésies transverses des membres supérieurs.

Ce qui alerte les autorités sanitaires, c’est la concentration inhabituelle de ces cas dans des endroits peu habités et dans des régions très restreintes. Sept bébés sont concernés dans l’Ain, par exemple, sur une zone d’à peine 17 km de longueur.

Les parents s'interrogent

Pour la presse, c’est le mystère des bébés sans mains, mais les familles veulent savoir. "Nous avons eu la visite d’un médecin qui nous a posé à tous une multitude de questions sur nos habitudes alimentaires, sur notre façon de consommer", témoigne comme Mélinda Mostibi, maman de Léo, 7 ans.

Conclusion : à ce niveau-là, aucun facteur commun n'était perceptible entre les trois familles interrogées. Pour cette femme, la question s'est ensuite immédiatement posée de savoir si cela pouvait être environnemental, notamment à cause des engrais ou des pesticides.

La piste des pesticides

Cette piste liée aux produits étalés dans nos champs n'est pas confirmée officiellement. L’administration française de la santé a expliqué jusqu’ici qu’elle n’était pas habilitée à enquêter sur les pesticides et que pour elle, il est possible que ce soit l’effet du hasard.

Mais des spécialistes tirent tout de même la sonnette d’alarme. "La probabilité que ce soit lié au hasard est plus qu’infinitésimale. C’est totalement surprenant ! Exactement la même malformation, ça ne s’est jamais passé dans l’histoire des malformations. On est face à un plausible scandale sanitaire", pointe Emmanuelle Allard, épidémiologiste

À l'heure actuelle, les moyens manquent cruellement pour des études pertinentes, selon la spécialiste.

Archive : JT 3/10/2018

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