Les Pays-Bas intronisent le plus jeune souverain d'Europe

Quelque 800.000 visiteurs vêtus de la couleur nationale, l'orange, devraient envahir les rues d'Amsterdam pour une journée marquée par le faste. Le jeune roi sera le premier homme depuis 1890, après trois reines et une régente, à régner sur le pays.

Il sera en outre le premier d'une nouvelle génération de monarques européens, dont la moyenne d'âge est actuellement de 71 ans, à accéder au trône. Après 33 ans de règne, la reine Beatrix signera l'acte d'abdication, passant le flambeau à une nouvelle génération.

Le futur monarque a d'ailleurs d'ores et déjà annoncé la couleur en assurant dans un entretien télévisé que lui et son épouse argentine Maxima, 41 ans, ne sont pas des "fétichistes du protocole".

Il a en outre assuré ne pas spécialement être attaché, contrairement à sa mère, au titre "majesté". "Les gens peuvent m'appeler comme ils le souhaitent afin qu'ils se sentent à l'aise", avait-il dit, affirmant vouloir être un monarque "du XXIe siècle" conciliant tradition et modernité.

Le rôle du monarque a évolué depuis la création en 1815 du Royaume des Pays-Bas, qui étaient avant cela une république.

Depuis 2012, le souverain ne participe plus à la formation du gouvernement, le parlement ayant repris ce rôle, mais il signe encore les lois. Willem-Alexander a assuré qu'il accepterait un rôle purement cérémonial si le parlement en décidait ainsi.

Le nouveau roi prêtera serment devant les deux chambres du parlement, qui seront rassemblées dans une ancienne église d'Amsterdam à un jet de pierre du palais royal. Il sera intronisé et non couronné, une nuance marquant la séparation entre l'Église et la monarchie aux Pays-Bas.

Si l'intronisation de Beatrix en 1980 avait été marquée par de violentes manifestations contre la crise du logement, celle de Willem-Alexander ne devrait pas être trop perturbée.

La ville d'Amsterdam a prévu six emplacements pour les manifestations anti-royalistes, mais seul un d'entre eux a jusqu'à présent été réservé, par des républicains prévoyant de manifester pacifiquement en arborant des vêtements de couleur blanche, par opposition à l'orange.

Ils protestent notamment pour obtenir une réduction de la dotation royale, un salaire annuel de 825.000 euros.

Vivement critiquée pour ses paroles et son improbable mélange de styles, la chanson officielle de l'intronisation sera bel et bien de la partie. Mardi soir, les 17 millions de Néerlandais seront invités à la reprendre en choeur.

Une multitude de concerts, de soirées et fêtes de rue ont été prévus à travers le pays, dont une performance en plein-air du célèbre DJ néerlandais Armin van Buuren à Amsterdam.

Deux absences marqueront également la journée : celle de la famille de Maxima et celle du frère de Willem-Alexander, Johan Friso.

En raison de son passé de secrétaire d'État sous la dictature argentine de Jorge Videla, le père de Maxima Jorge Zorreguieta n'est pas le bienvenu lors de cette cérémonie officielle. Il manquera donc l'intronisation de Willem-Alexander, de la même manière qu'il avait manqué le mariage de sa fille en 2002.

Le deuxième des trois fils de Beatrix, Johan Friso, est quant à lui dans le coma depuis un accident de ski en février 2012 et ne verra donc pas son frère aîné devenir roi.

La liste des invités n'a pas encore été publiée, mais le protocole stipule qu'aucune tête couronnée ne peut être présente. Seuls les princes et princesses héritiers assisteront à l'intronisation et la presse a déjà rapporté que Charles du Royaume-Uni, Felipe d'Espagne ou Naruhito du Japon seront présents.

Les trois filles du couple royal seront aux côtés de leur parents tout au long de la journée. A 9 ans, l'aînée de la famille Catharina-Amalia deviendra officiellement princesse-héritière.

Après que Beatrix eût annoncé le 28 janvier qu'elle abdiquerait lors de la Fête de la Reine, qui fait office de fête nationale aux Pays-Bas, Catharina-Amalia demanda à son père combien de temps il comptait rester sur le trône, a raconté Willem-Alexander.

Et son père de lui répondre sur un ton rigolard : "si tu savais..."


Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK