Les ministres des Affaires étrangères du G7, USA en tête, réclament le départ d'Assad

Les ministres des Affaires étrangères du G7, USA en tête, réclament le départ d'Assad
Les ministres des Affaires étrangères du G7, USA en tête, réclament le départ d'Assad - © VINCENZO PINTO - AFP

Le G7, Etats-Unis en tête, a jugé mardi à Lucques (centre de l'Italie) que l'avenir de la Syrie devait s'écrire sans Bachar al-Assad, peu avant le départ du secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson pour Moscou, principal allié du président syrien.

Les Syriens doivent pouvoir déterminer leur avenir politique et "notre espoir est que Bachar al-Assad ne fasse pas partie de cet avenir", a déclaré Rex Tillerson.

Il faut sortir de l'hypocrisie 

Auparavant, l'ensemble des participants à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, élargie tôt dans la matinée à la Turquie et à plusieurs pays arabes (Qatar, Jordanie, Emirats arabes unis, Arabie saoudite), avaient insisté sur le fait qu'il n'y avait "pas d'avenir de la Syrie possible avec Bachar al-Assad", selon le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

"Ce n'est pas une position d'agressivité à l'égard des Russes, plutôt une main tendue, dans la clarté", a-t-il insisté. "Maintenant ça suffit (...) il faut sortir de l'hypocrisie et rentrer très clairement dans le processus politique".

Le ministre français et plusieurs de ses homologues plaident pour un cessez-le-feu garanti par un dispositif international, pour "empêcher les avions syriens de décoller, bloquer les missiles anti-aériens et cantonner les forces syriennes", afin que les discussions de Genève entre le régime et l'opposition puissent reprendre au plus vite. "Une petite porte s'est entrouverte pour repartir sur de nouvelles bases", a estimé Jean-Marc Ayrault.

20% de l'aviation syrienne clouée au sol

La position américaine sur la Syrie a connu un revirement la semaine dernière, après l'attaque chimique présumée le 4 avril sur le village syrien de Khan Cheikhoun. Le lendemain, Donald Trump, jusque là considéré comme un président isolationniste, déclarait que son "attitude vis-à-vis de la Syrie et d'Assad a nettement changé", et lançait, dans la nuit du 6 au 7 avril, une frappe militaire contre une base aérienne syrienne qui, selon Washington, a cloué au sol 20% de l'aviation syrienne.

Il s'agissait d'une "réponse directe à la barbarie du régime Assad", a déclaré Rex Tillerson. "La priorité des Etats-Unis en Syrie et en Irak reste la défaite" de l'organisation Etat islamique (EI), a-t-il néanmoins rappelé.

Il a également accusé la Russie de ne pas avoir respecté les accords internationaux, en particulier sur la destruction des stocks d'armes chimiques en Syrie, que Moscou devait surperviser avec Washington. Soit, a-t-il dit, parce qu'elle n'a "pas pris ses responsabilités au sérieux", soit par "incompétence".

Rex Tillerson, qui a quitté l'Italie vers 12h20 en direction de Moscou pour sa toute première visiste en tant que secrétaire d'Etat américain, doit notamment s'y entretenir avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a en revanche affirmé mardi matin ne pas pouvoir confirmer si une rencontre avec le président Vladimir Poutine était à l'agenda.

Une Russie plus conciliante

Après avoir menacé dimanche les Etat-Unis de représailles en cas de nouvelle attaque, au côté de l'Iran et des autres alliés de Bachar al-Assad, la Russie s'est montrée mardi plus conciliante, appelant à une "coopération constructive" et non pas à la confrontation.

Par ailleurs, une rencontre tripartite entre Sergeï Lavrov et les chefs de la diplomatie syrien Walid Mouallem et iranien Mohammad Javad Zarif "est prévue à la fin de la semaine à Moscou", a annoncé mardi la porte-parole de la diplomatie russe.

Le ministre britannique Boris Johnson, qui poussait pour de nouvelles sanctions contre la Syrie, voire contre des responsables militaires russes impliqués en Syrie, n'a en revanche pas trouvé d'appui au G7.

Selon Jean-Marc Ayrault, cette question n'a même pas été discutée.

Pas de consensus pour d'autres nouvelles sanctions

"Actuellement il n'y a pas de consensus pour d'autres nouvelles sanctions comme instrument efficace", a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Angelino Alfano, lors de la conférence de presse finale.

"Les sanctions sont un instrument et non pas une fin en soi", a insisté Angelino Alfano, en mettant en garde contre toute tentation d'isoler la Russie.

Sur le terrain, les combats ont continué mardi, et deux soldats russes qui officiaient comme instructeurs pour l'armée syrienne ont été tués par un obus de mortier, a annoncé l'armée russe, qui ne précise pas de date ni de lieu. Ces morts portent à 29 le nombre officiel des militaires russes tués en Syrie depuis le début de l'intervention de la Russie dans ce pays en septembre 2015, à la demande de Bachar al-Assad.

 

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