Les lycéens français endossent des gilets jaunes

Le mouvement de contestation des "gilets jaunes" franchit les grilles des lycées. Ou plutôt, ce sont les lycéens qui sortent dans la rue, et à battent le pavé. Le gouvernement doit faire face à un mouvement protéiforme de plus en plus difficile à cerner, et qui se double à présent d'un début de contestation lycéenne. À l’appel de l’Union nationale lycéenne (UNL),  plus d'une centaine de lycées sont bloqués, partiellement ou totalement, par une fronde .

Un mouvement intergénérationnel

Certains  de ces jeunes -parfois très jeunes- soutiennent leurs parents qui rament face aux taxes et aux fins de mois difficiles, mais beaucoup ont leurs propres revendications . Les lycéens protestent contre plusieurs réformes au sein de l'Education nationale, notamment celles du  baccalauréat, ou le service national universel. C'est la région de Toulouse qui est la plus touchée. Une quarantaine d'établissements sont perturbés .

Dans la région parisienne, une vingtaine de lycées sont paralysés.  En Seine-Saint-Denis, plus de 200 jeunes ont envahi la rue, dont une poignée portait des gilets jaunes. Du mobilier urbain a été dégradé et un magasin pillé. A Dijon,500 élèves ont manifesté en soutien aux "gilets jaunes", les jeunes se sont heurtés aux forces de l'ordre avec jets de pierre et répliques lacrymogènes. A Nice, ils étaient un millier à crier "Macron, démission". Les lycéens profitent du mouvement pour crier leur ras-le-bol : "Il y a les classes surchargées mais on soutient aussi les +gilets jaunes+. Pour nous, dans un an ou deux, l'essence on va aussi devoir la payer. On fait des études pour ne rien gagner"

Pour le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, "il n'y a pas de raison que la contestation des gilets jaunes ait un impact sur les lycées, dont la réforme a été conçue en consultation avec de nombreux acteurs et plusieurs milliers de lycéens". Pour le ministre, "les lycéens en colère s'engouffrent dans la brèche de la contestation pour tout et n'importe quoi;"

Il relativise :" le pourcentage de lycées bloqués est très faible au regard des 4.000 lycées qui existent en France.

Marches vertes et "gilets jaunes"

Les autorités semblent totalement démunies face à ce mouvement de colère qui enfle. Des appels à manifester sont lancés pour samedi 8 décembre. Ils risquent de se conjuguer ou de se heurter aux 140 marches pour le climat prévues aux 4 coins de France. Des marches pour faire sonner "l'alarme climatique", et qui ont été organisées par une soixantaine d'associations. Ces marches vertes vont elles se conjuguer ou se heurter à la colère des "gilets jaunes". Certains , comme le premier adjoint de la maire de Paris, Anne Hidalgo, plaident pour un "moratoire des manifestations."

"Je préfère voir un ajournement de la marche pour le climat plutôt que de la voir se transformer en guérilla urbaine." a déclaré Emmanuel Grégoire.

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