Les jeunes partis combattre en Syrie reviennent pour embrigader leurs amis

Pour Marc Trevedic, "la situation s'aggrave". Il faut bel et bien parler d'une seconde vague de départs. "Les premiers jeunes qui sont partis n'avaient pas de contacts. Ceux qui ont intégré une katiba (bataillon) et rencontré un émir (celui qui donne des ordres) reviennent ensuite en Europe, pour chercher leurs copains, et ils les introduisent auprès de cet émir et de cette katiba".

Amer, il constate l'échec cuisant des mesures prises en Europe pour endiguer le phénomène. "Jusqu'à présent, on s'est reposé uniquement sur la justice anti-terroriste... c'est-à-dire la répression. Et c'est un échec !".

Il propose une prise en charge personnalisée des candidats au jihad qui pourront être identifiés. Selon lui, un référent devrait pouvoir expliquer aux jeunes que l'Islam ne les oblige absolument pas à prendre les armes.

 

 

Ce samedi, d'autres voix ont voulu se faire entendre sur ce sujet délicat. Plusieurs familles de jeunes gens partis en Syrie se sont rassemblées, à 16 heures, devant l'Eglise du Finistère, rue Neuve à Bruxelles. Les familles demandent une aide au retour de leurs enfants.

Un mère, Véronique, raconte la décision radicale de son fils : "Il s'est converti et a dit qu'il partait en terre d'Islam pour donner un sens à sa vie". Son fils de 24 ans est parti depuis 1 an et 3 mois. Puis sa fille de 19 ans a suivi, en mai 2013. "On a rien vu arriver", explique sa mère. "Un matin, elle n'était plus là. On a peu de nouvelles. Elle dit qu'elle aide. Je veux lui dire qu'elle est libre de revenir et lui assurer que personne ne l'arrêtera si elle revient. "

On estime aujourd'hui, il y aurait environ 2000 jeunes d'Europe de l'Ouest qui auraient rejoint les champs de bataille syriens, dont 700 en France et 100 à 300 en Belgique. Ces chiffres restent cependant difficiles à établir, notamment en raison du phénomène des allers-retours.

RTBF

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