Les Irakiens tentent de rester mobilisés malgré une répression accrue

Heurts entre forces de sécurité et manifestants à Bagdad, le 9 novembre 2019
Heurts entre forces de sécurité et manifestants à Bagdad, le 9 novembre 2019 - © SABAH ARAR

Les manifestants tentent de maintenir leur mobilisation en Irak dimanche, premier jour de la semaine dans le pays, en dépit d'une répression qui s'intensifie et va vers un "bain de sang", a prévenu Amnesty International.

Samedi, après la conclusion d'un accord au plus haut niveau entre forces politiques pour en finir avec la contestation lancée le 1er octobre, la répression a franchi un nouveau palier.

Quatre manifestants ont été tués – dont trois à balles réelles – dans le centre de Bagdad aux abords de la place Tahrir, épicentre de la contestation, et trois autres à Bassora, deuxième ville du pays, à la pointe sud.

Dimanche, dans cette cité pétrolière, les forces de l'ordre empêchent les manifestants d'approcher du siège du Conseil provincial, formant un cordon de sécurité à plusieurs centaines de mètres du bâtiment, après avoir mené de nombreuses arrestations la veille, ont rapporté des correspondants de l'AFP.

300 personnes tuées

A Bagdad, les forces de l'ordre avaient monté de nouveaux murs de béton aux abords de Tahrir, là même où les affrontements meurtriers ont eu lieu la veille, et les manifestants sur Tahrir sont déjà moins nombreux qu'à l'habitude, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

A Nassiriya, également dans le sud, les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes sur les manifestants qui tentent de faire fermer une nouvelle administration, dans le cadre d'un mouvement de désobéissance civile qui continue de paralyser de nombreuses institutions à al-Hilla et Kout, selon des correspondants de l'AFP.


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A Diwaniya, de nouvelles manifestations étudiantes ont débuté, alors que la police est déployée aux abords des lycées et collèges pour empêcher les élèves du secondaire de rejoindre le mouvement, d'après un correspondant de l'AFP.

Depuis le 1er octobre, environ 300 personnes – en majorité des manifestants – ont été tuées en Irak et plus de 12.000 autres blessées, selon un bilan compilé par l'AFP alors que les autorités ont cessé de communiquer sur le nombre de morts.

"Climat de peur"

Amnesty International a appelé dimanche les autorités irakiennes à "ordonner immédiatement la fin de l'usage continu et illégal de la force létale".

"Ce bain de sang doit cesser et ceux qui en sont responsables doivent être jugés", a poursuivi l'ONG.

Ces violences se déroulent alors que militants et médecins soutenant les manifestants se disent visés par une campagne d'intimidation menée par les forces de l'Etat et d'autres, qui jusqu'ici refusent de s'identifier.


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Dimanche, la représentante de l'ONU en Irak, Jeanine Hennis-Plasschaert, a annoncé recevoir "chaque jour des informations sur des manifestants tués, enlevés, arrêtés arbitrairement, passés à tabac ou intimidés".

Dénonçant un "climat de peur", elle a estimé qu'aujourd'hui en Irak, "les droits fondamentaux" étaient "constamment violés".

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