Les individus porteurs du VIH restent toujours exclus de la société

Les individus porteurs du VIH restent toujours exclus de la société
Les individus porteurs du VIH restent toujours exclus de la société - © CLAUDIO REYES - AFP

L’exclusion des personnes porteuses du VIH reste une réalité en Belgique, a souligné jeudi Thierry Martin, directeur de la Plateforme Prévention Sida, en marge de la présentation des derniers chiffres sur l’épidémie publiés jeudi par l’Institut de Santé publique Sciensano. A moins d’une semaine de la Journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre, il insiste sur l’importance, pour améliorer la qualité de vie des séropositifs, du traitement rendant leur charge virale indétectable.

Le nombre de nouveaux cas de VIH a progressé en 2019 à 923 diagnostics (+4%), après avoir reculé de 28% entre 2012 et 2018. Malgré ces résultats encourageants, "le dépistage tardif reste encore trop élevé", estime Thierry Martin. Il est donc important que les médecins généralistes et autres professionnels abordent la santé sexuelle avec tous les patients, même ceux qui, à première vue, ne semblent pas à risques".


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Les autres stratégies de dépistage (rapide, démédicalisé, autotests…) doivent elles aussi être renforcées, notamment auprès des publics prioritaires, insiste le directeur de la Plateforme.

Ce constat est partagé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui ont recensé 136.000 nouveaux cas en 2019 en Europe, dont environ 80% dans l’est du continent.

Sur les plus de deux millions de personnes infectées par le VIH vivant dans les 53 pays considérés comme européens où l’OMS est présente, plus de la moitié ont été diagnostiquées à un "stade tardif", insiste-t-on.

L'ONU propose de nouveaux objectifs contre le VIH en 2025

L'agence des Nations unies en charge du VIH (ONUSIDA) a lancé jeudi à Genève de nouvelles approches pour l'échéance 2025. L'objectif fixé pour 2020 ne sera lui pas atteint.

"La réponse mondiale au VIH était en retard avant même la pandémie de Covid", a affirmé la directrice exécutive d'ONUSIDA Winnie Byanyima. Mais la combinaison des deux l'a affectée davantage. Moins de personnes ont été détectées et moins de soins donnés.

Les objectifs sur plusieurs années prévoyaient une baisse à 500.000 nouveaux cas et 500.000 nouveaux décès d'ici la fin de cette année. Or, selon le rapport mondial sur le VIH publié jeudi, le nombre d'infections est supérieur de 3,5 millions et celui des décès de centaines de milliers par rapport à ce qui était prévu.

Il manquait aussi, fin juin, un accès à des prestations pour quatre millions de personnes par rapport au souhait d'en prendre en charge 30 millions.

L'année dernière, plus de 1,6 million de personnes ont été infectées et près de 700.000 sont décédées de la maladie. Au total, près de 39 millions de personnes sont désormais atteintes du VIH. Et 12 millions attendent des soins.

Face à ces chiffres, ONUSIDA annonce un nouveau dispositif qui devrait permettre de réduire à moins de 500.000 les nouvelles infections et à environ 300.000 les décès à l'échéance 2025. Il prévoit que moins de 10% des pays devraient s'appuyer sur des lois et politiques punitives, moins de 10% des personnes atteintes devraient faire l'objet de discriminations et moins de 10% être victimes d'inégalités et violences sexuelles.

Archive du 01/12/2019 - Le Mode d'Emploi : les chiffres du SIDA

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