"Nous avons peur pour notre vie": les gilets jaunes boycottent Edouard Philippe

L'hôtel de Matignon, siège du premier ministre français.
L'hôtel de Matignon, siège du premier ministre français. - © THOMAS SAMSON - AFP

Des représentants des "gilets jaunes" devaient rencontrer le premier ministre Edouard Philippe ce jeudi. Un désaccord entre les deux parties a fait capoter les discussions. 

Ils étaient attendus ce jeudi à 14h à Matignon. Les représentants des gilets jaunes devaient rencontrer le premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l'écologie François de Rugy sur son lieu de travail parisien, à Matignon. Sur les huit invités, deux seulement ont finalement répondu à l'appel du premier ministre. 

"Les autres représentants n'ont pas souhaité engager leur vie"

Cette brève rencontre entre les responsables politiques et les représentants des gilets jaunes a tourné court. A la sortie de cet entretien, Jason Herbert, l'un des deux gilets jaunes à s'être déplacé, raconte: "J'ai simplement laissé les deux ministres se présenter, par courtoisie. Puis, je les ai informés qu'il m'était impossible de continuer cette discussion." 

En cause, une demande formulée par les gilets jaunes avant la rencontre, celle de diffuser l'entretien à la télévision. Une requête refusée par Matignon. "Je n'ai pas la légitimité pour m'exprimer, explique Jason Herbert. Voilà pourquoi nous souhaitions que l'entretien soit filmé, pour que tout le monde entende nos échanges, et que l'ensemble du mouvement soit mis au courant des avancées."

Sur les huit invités en tant que représentants du mouvement, deux ont donc répondu présent. Interrogé par BFMTV sur l'absence des six autres, Jason Herbert a répondu de manière plutôt interpellante. "D'autres personnes n'ont pas souhaité engager leur vie, confie-t-il. Des pressions sont venues de la part d'autres gilets jaunes. Moi-même je crains pour ma vie. Mais je n'en veux pas à ces personnes. Certains sont dans une situation si complexe, qu'ils n'ont plus le choix." Malgré l'échec des discussions, Edouard Philippe laisse sa porte ouverte à une nouvelle rencontre la semaine prochaine. Un deuxième gilet jaune s'est d'ailleurs entretenu plus longuement avec le premier ministre. Quant aux propos de Jason Herbet, ils confirment que les gilets jaunes français sont toujours en manque de leader, une caractéristique propre au mouvement. 

 

 

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