Egypte: le président par intérim promet des élections pour 2014 au plus tard

Des manifestants pro-Morsi, au Caire, le 8 juillet 2013
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Des manifestants pro-Morsi, au Caire, le 8 juillet 2013 - © Mahmud Hams

En Egypte, les Frères Musulmans appellent à manifester ce mardi après la mort de plusieurs dizaines de partisans du président déchu. Selon un dernier bilan des services de secours, 51 personnes ont été tuées et plus de 430 autres blessées lundi matin aux abords de la caserne de la Garde républicaine où serait détenu Mohamed Morsi.

L'armée et les islamistes se sont rejeté la responsabilité de cette tuerie. Les Frères musulmans dénoncent un massacre tandis que l'armée affirme avoir combattu des éléments terroristes.

Pour faire baisser la tension, Adly Mansour, le président par intérim, a demandé une enquête sur ces événements. Il a également fixé un calendrier de transition sur six mois, avec la rédaction d'une nouvelle constitution qui devrait être soumise à référendum d'ici quatre mois, puis des élections législatives et enfin un scrutin présidentiel.

L'état hébreu doit-il s'inquiéter de la tournure des événements ?

L'Egypte, c'est le plus grand voisin arabe d'Israël. L'état hébreu doit-il s'inquiéter de la tournure des événements d'autant qu'avec la Syrie, il y a déjà une guerre à sa frontière ? C'est en tout cas l'avis d'Asni Abidi, directeur du centre de recherche sur le monde arabe a Genève : "Israël doit être inquiet parce que l'armée égyptienne, il faut le reconnaître, joue un rôle important dans la stabilisation et la sécurisation surtout de ses frontières. Et on a vu que même avec le changement de titulaire à la présidence égyptienne et l'arrivée de Morsi, les négociateurs, surtout du côté de l'armée, qui négocient avec les Israéliens mais aussi les Palestiniens du Hamas, sont restés les mêmes et donc on a pu garder le même personnel pour sécuriser cette zone qui est très troublante. Ensuite vous avez les problèmes des Bédouins. Nous savons aussi au Sinaï une présence ou un terrain fertile pour des mouvements radicaux. Il y a aussi un autre phénomène depuis la chute du régime libyen : la quantité des armes qui circulent. Donc, vous voyez, les défis de l'armée égyptienne sont énormes. S'ajoute à cela ce face à face avec la confrérie musulmane, cela risque d'affaiblir l'armée la plus puissante du monde arabe".

Rencontre avec les pro-Morsi

Au Caire, nos envoyé spéciaux Willy Vandervorst et Julien Bader sont allés à la rencontre des pro-Morsi qui continuent de protester dans la rue.

Entre casernes et bureaux militaires, des milliers d'Egyptiens partisans des Frères musulmans, ont dressé des tentes. Ils occupent l'avenue Abasakad, depuis une semaine et attendent le retour de Mohamed Morsi à la présidence. Prière et harengues sont leur quotidien. Un peu plus loin lundi matin, plusieurs d'entre eux ont perdu la vie.

"Pourquoi les militaires ont fait ça, ils nous tuent et on ne sait pas pourquoi, on a voté pour un Président et ils ne respectent pas ce vote". "Nous sommes ici pour faire respecter la démocratie, pour que notre vote ne soit pas perdu. On a un pouvoir légitime et il doit revenir, tout le monde ici en famille veut attendre cet objectif".

Quant à savoir s'ils font encore confiance à l'armée égyptienne, ils répondent : "Les leaders, non, les leaders, non, mais les soldats peut-être !".

Puis tout à coup, une inquiétude saisit la foule et tous les regards se tournent vers le toit d'un bâtiment militaire où un soldat vient voir ce qui se passe. Fausse alerte pour les manifestants qui continuent de conspuer le chef d'état-major. Le général Sisi est devenu un traître, un assassin et il ne vaut pas mieux que le Syrien Bachar al Assad. Quand le soleil se couche, les fidèles arrivent et gonflent la foule pour la prière : "Nous restons ici toujours, toujours, nous rester ici !".

 

C.B. avec W. Vandervorst et F. Wallemacq

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