Les F-16 belges protègent les pays baltes contre les avions russes

Les F16 belges protègent l'espace aérien balte
Les F16 belges protègent l'espace aérien balte - © RTBF

Des vols d'entraînement quasi-quotidiens, une douzaine de décollages d'alerte réels pour intercepter un éventuel intrus - souvent un appareil russe en maraude -, tel est le bilan affiché par le détachement belge chargé depuis septembre d'assurer, avec quatre chasseurs F-16, la protection de l'espace aérien des pays baltes, des alliés de l'Otan dépourvus d'avions de combat, à deux semaines de la fin de la mission.

La Belgique assure durant quatre mois la police aérienne au dessus des territoires de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie pour la troisième fois depuis mars 2004, date de leur adhésion à l'Alliance atlantique. Depuis lors, quatorze pays se sont succédé pour cette mission baptisée "Baltic Air Policing" (BAP), pour des périodes généralement de quatre mois, et qui s'inscrit dans le cadre de la défense collective entre alliés.

La Belgique a déjà effectué deux séjours précédents, de fin mars à fin juin 2004, puis de décembre 2006 à mars 2007.

Les avions de l'Otan opèrent au départ de la base aérienne de Zokniai, près de Siauliai (nord de la Lituanie), d'où ils "couvrent" tout l'espace aérien balte. Ils doivent être capables de prendre l'air en quinze minutes après une alerte, donnée par un centre de commandement de l'Otan base à Uedem (ouest de l'Allemagne).

Il s'agit de "maintenir l'intégrité" de cet espace, alors qu'aucun de ces trois pays ne possède d'avions de chasse.

La plupart des décollages sont provoqués par des avions militaires russes reliant la Russie à l'enclave de Kaliningrad, coincée entre la Lituanie, la Pologne et la mer Baltique, et qui n'ont pas respecté leur plan de vol, ne répondent pas aux injonctions du contrôle aérien balte ou dévient de leur trajectoire, a expliqué vendredi à quelques journalistes le "patron" du détachement, le commandant Sébastien Mesmaeker, un pilote de la 1ère escadrille basée à Florennes.

267 sorties

En près de quatre mois, les F-16 belges ont ainsi réalisé 267 sorties et près de 400 heures de vol dédiées à l'entraînement. Mais ils ont aussi effectué une douzaine de "scrambles" (décollages d'arlerte). Avec une pointe lors de l'exercice "Zapad" mené conjointement en septembre par la Russie et le Bélarus et lors du grand exercice de l'Otan "Steadfast Jazz" conduit début novembre par l'Otan dans les pays baltes et en Pologne.

"Mais jamais les Russes n'ont fait preuve d'agressivité", a assuré le commandant Mesmaeker.

"Nous n'avons aussi connu aucun cas d'avion en détresse" - comme il s'en produit régulièrement en Belgique, contraignant les F-16 en alerte 24 heures sur 24 dans le cadre du "Quick Reaction Alert" (QRA) à prendre l'air en urgence.

Et à part la proximité de la Russie, un pays dont les relations avec l'Occident sont parfois en dents de scie, la mission ne diffère guère de celle menée par le QRA en Belgique, assuré alternativement par les bases de Florennes et de Kleine-Brogel, expliquent les pilotes. Il s'agit de décoller dans les quinze minutes pour aller identifier un éventuel intrus ou un avion civil égaré, voire en panne de radio.

Les F-16, au dernier standard MLU M6, sont armés de deux missiles AIM-120B Amraam à longue portée et à guidage radar, de deux AIM-9 Sidewinder à courte portée et guidage infrarouge, ainsi que de leur canon de bord de 20 mm, approvisionné avec 510 obus (soit cinq secondes de tir, au rythme de 6.000 coups à la minute).

La mission des Belges en Lituanie se terminera officiellement le vendredi 3 janvier prochain - mais le lundi 6 en réalité - lorsqu'ils seront relevés par des F-15 américains en provenance de la base de Lakenheath (Grande-Bretagne).

Belga

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