Les F-16 belges ont intercepté 32 avions russes dans l'espace aérien balte

Les quatre chasseurs-bombardiers F-16 belges déployés depuis début septembre en Lituanie pour protéger l'espace aérien des pays baltes, membres de l'OTAN mais dépourvus d'avions de combat, avaient intercepté, à la fin du mois de février, 32 avions russes approchant l'espace aérien de l'OTAN, au dessus de la mer Baltique, a indiqué lundi la Défense.

Le détachement aérien belge, fort d'une soixantaine de personnes provenant principalement des bases aériennes de Florennes et de Kleine-Brogel, est déployé sur la base aérienne de Siauliai, dans le nord de la Lituanie, pour une période inhabituellement longue de huit mois - ce qui correspond à deux tours d'opération successifs, selon les standards de l'Alliance atlantique. Le 2e wing tactique, basé à Florennes, dans l'Entre-Sambre-et-Meuse, a assuré la direction de cette mission appelée "Baltic Air Policing" (BAP) fin 2019, avant de céder le relais au 10e wing de Kleine-Brogel (Limbourg).

Au total 32 avions russes interceptés

Les avions de combat belges ont déjà effectué sans incident 21 "alpha scrambles" (décollages d'alerte réels) depuis leur arrivée. Ils ont ainsi intercepté 15 avions de transport militaires et 17 avions de combat russes. "C'est un tiers de moins que lors des participations précédentes à la mission BAP", a expliqué lundi le capitaine de vaisseau Carl Gillis, commandant de la division des Opérations à l'état-major de la Défense, au cours d'une conférence de presse organisée à la base aérienne de Kleine-Brogel. Selon lui, cette diminution s'explique par les conditions climatiques - on vole moins durant l'hiver - mais aussi par les plans de vol russes. "Il n'y a actuellement pas de grand exercice russe", a-t-il expliqué. La Défense demande à ses pilotes d'éviter la provocation, de ne jamais voler de manière agressive et d'être dans la retenue lors des interceptions. "Les pilotes russes se comportent aussi de manière professionnelle" a ajouté le capitaine de vaisseau.

La quasi-totalité des décollages d'alerte est causée par l'approche d'avions militaires russes de tous types (chasseurs, bombardiers, appareils de transport, avions-radar, ...) effectuant dans l'(étroit) espace aérien international des vols entre le territoire russe et l'enclave de Kaliningrad, coincée entre la Pologne et la Lituanie ou inversement. La Belgique fut le premier pays à prendre part à la mission BAP, en 2004, lors de l'adhésion des pays baltes à l'OTAN.