Accord au rabais de l'UE pour délester Grèce et Italie de demandeurs d'asile

Les Européens à la peine pour trouver un accord relatif aux milliers de réfugiés que l'Union doit accueillir.
2 images
Les Européens à la peine pour trouver un accord relatif aux milliers de réfugiés que l'Union doit accueillir. - © DIMITAR DILKOFF - AFP

Les ministres de l'Asile et de la Migration des 28 Etats membres de l'Union européenne se sont mis d'accord lundi après-midi pour réinstaller et relocaliser 54 000 réfugiés, un chiffre inférieur aux objectifs fixés par la Commission européenne mais encore susceptible d'évoluer.

La Commission européenne aurait souhaité que les Etats membres accueillent 60 000 réfugiés, sur base volontaire. Il y a 10 jours, les choses avaient plutôt bien débuté. Un accord avait été trouvé pour créer, dès cette année, 22 000 places d’accueil pour des réfugiés se trouvant actuellement hors de l’Union européenne, dépassant en cela le chiffre espéré de 20 000. 

En revanche, pour les 40 000 demandeurs d’asile déjà présents en Italie et en Grèce, seuls 32 000 places ont été proposées par les Etats-membres. Plusieurs pays d’Europe de l’Est, d’Europe centrale mais aussi l’Espagne ou l’Autriche, par exemple, étaient opposés au transfert de ces migrants sur leur territoire. Une position dure, dictée parfois par des perspectives électorales comme l'a souligné le ministre luxembourgeois Jean Asselborn dont le pays assure la présidence tournante de l’Union. 

"Avant ces élections nous sommes dans une période d’inertie. Et donc une fois passées ces élections, je pense que les chances sont beaucoup plus importantes de trouver des solutions adéquates".

Les ministres se sont donc mis d'accord sur un nombre provisoire de 54 760 réfugiés, 22 504 par le mécanisme de la réinstallation et 32 256 par la relocalisation, chiffre qu'ils amenderont avant la fin de l'année pour atteindre l'objectif de la Commission. Cette réunion visait avant tout à lancer le processus, prévu pour s'étaler sur deux ans, sans être bloqué par des chiffres, expliquait une source européenne.

L’objectif de 60 000 migrants est donc manqué malgré l’aide de pays hors union comme la Norvège et la Suisse. Mais les Européens se donnent encore deux ans pour l’atteindre. En attendant, dès cet été, des centres de sélection des demandeurs d’asile vont être installés en Grèce et en Italie. Ces deux pays doivent par ailleurs formellement s'engager à identifier et enregistrer les migrants irréguliers affluant sur leur territoire, afin de permettre le traçage et l'expulsion de ceux non éligibles à l'asile. Les personnes ayant droit au statut de réfugiés, essentiellement des Syriens, des Irakiens et des Erythréens, seront quant à eux re-localisés dans les pays d’accueil. Les premiers transferts devraient avoir lieu en octobre.

Mais la réponse européenne à la crise des migrants a aussi un volet militaire. Depuis quelques semaines, des navires et des hélicoptères surveillent les passeurs en Méditerranée. Les Européens espèrent passer à une 2eme phase, à savoir l’interception sur les côtes libyennes. Pour ce faire, une résolution du conseil de sécurité de l’ONU et l’accord des autorités libyennes sera encore nécessaire.

 

 

 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK