Les Etats-Unis bombardent l'artillerie de l'Etat islamique en Irak

"Des avions militaires américains lancent des frappes contre l'artillerie de l'Etat islamique. L'artillerie a été utilisée contre des forces kurdes qui défendent Erbil, près de personnels américains", a déclaré l'amiral John Kirby, porte-parole du Pentagone sur Twitter.

Le Pentagone a annoncé que deux chasseurs bombardiers américains avaient largué vers 13H45 (10H45 GMT) des bombes de 250 kg sur une pièce d'artillerie mobile de l'EI qui avait visé des forces kurdes à Erbil, en expliquant que cela menaçait les personnels américains basés dans la capitale du Kurdistan.

L'armée américaine n'était plus intervenue directement en Irak depuis le départ de ses derniers soldats en décembre 2011.

"Pas fixé de date spécifique de fin"

Le Pentagone n'a pas évoqué d'autres frappes dans l'immédiat. mais "le président n'a pas fixé de date spécifique de fin", a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain, précisant qu'"un conflit militaire prolongé impliquant les Etats-Unis" était exclu et réaffirmant que l'envoi de troupes au sol était catégoriquement exclu.

Interrogé sur les raisons qui avaient poussé M. Obama à intervenir en Irak alors qu'il avait finalement décidé de ne pas le faire en Syrie, M. Earnest a estimé que les deux situations étaient sensiblement différentes. Il a souligné que l'armée américaine avait répondu à la demande du gouvernement irakien. "C'est d'une différence de taille", a-t-il souligné. "La deuxième chose est que l'armée américaine et le renseignement américain ont une bonne visibilité de la situation sur le terrain en Irak".

"Des groupes terroristes ont terminé leurs préparations pour un assaut sur Bagdad"

Le puissant dirigeant chiite Moqtada al-Sadr a affirmé vendredi que les jihadistes étaient sur le point d'attaquer la capitale irakienne, promettant de mobiliser ses hommes pour défendre Bagdad.

"Il y a des groupes terroristes qui ont terminé leurs préparations pour un assaut sur Bagdad", a affirmé ce dirigeant dans un communiqué. "Nous sommes prêts à défendre la ville, à fournir des renforts aux forces de sécurité et à oeuvrer en coordination avec les autorités pour faire face à n'importe quel scénario", a-t-il poursuivi. Début juin, il avait annoncé la formation des Saraya al-Salam (brigades de la paix, ndlr) pour défendre les sites religieux en Irak. Ces brigades, créées en réponse à l'offensive d'insurgés sunnites lancée le 9 juin, incluent d'anciens combattants de l'Armée du Mahdi, qui a combattu les forces américaines avant d'être officiellement dissoute en 2008.

Le chef de l'armée irakienne Babaker Zebari a estimé que les forces fédérales et les forces kurdes allaient pouvoir reprendre rapidement de vastes pans de territoire aux jihadistes grâce aux frappes américaines.

"Il va y avoir d'énormes changements sur le terrain dans les prochaines heures", a déclaré le général Zebari, peu après la confirmation par le Pentagone des premières frappes contre l'Etat islamique (EI) dans le nord du pays.

"L'aviation américaine vise des bases de l'EI à Makhmour et dans la région du Sinjar", a-t-il affirmé, ajoutant que "l'opération doit se poursuivre dans les villes irakiennes contrôlées par l'EI", sans préciser quelles villes.

Makhmour se trouve au sud-est d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, et Sinjar à l'ouest de Mossoul.

"Les officiers de l'armée irakienne, les peshmergas (kurdes) et des experts américains travaillent ensemble pour déterminer les cibles", a affirmé le général irakien.

Londres va parachuter de l'aide dans "les 48 heures" au nord de l'Irak

La Grande-Bretagne va parachuter "au cours des prochaines 48 heures" des vivres aux populations menacées par l'avancée des jihadistes de l'Etat islamique dans le nord de l'Irak, a annoncé vendredi le ministre de la Défense, Michael Fallon.

Le ministre a ajouté que Londres était également prêt à offrir "une assistance technique" en matière de surveillance et de logistique aux Etats-Unis, qui ont bombardé pour la première fois vendredi des positions des jihadistes menaçant le Kurdistan irakien et des milliers de chrétiens et Yazidis en fuite.

Avant de déclencher des frappes, l'armée américaine avait commencé dans la nuit de jeudi à vendredi une opération d'aide humanitaire dans le nord de l'Irak en larguant de la nourriture et de l'eau aux Irakiens en fuite.

"Nous avons décidé aujourd'hui d'assister les Etats-Unis dans les opérations d'aide humanitaire qui ont commencé hier. Nous allons également larguer des vivres, ce que nous espérons faire au cours des prochaines 48 heures, pour soulager en particulier les personnes prises au piège dans une situation critique dans les montagnes", a souligné Michael Fallon à la sortie d'une réunion de crise du gouvernement.

Le ministre a confirmé que Londres ne prévoyait pas d'intervenir militairement. Il a, comme le Premier ministre David Cameron, "salué" les frappes aériennes de l'armée américaine.

Le Royaume-Uni a par ailleurs recommandé à ses ressortissants de "quitter immédiatement" trois provinces du Kurdistan irakien dont celle d'Erbil, en proie à des combats avec les jihadistes de l'Etat islamique (EI).

Les vols commerciaux américains interdits de survol de l'Irak

L'Agence fédérale de l'aviation (FAA) a interdit vendredi aux avions commerciaux américains de survoler l'Irak, où les Etats-Unis viennent de procéder à leurs premières frappes aériennes contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI).

La FAA a cité des "situations potentiellement dangereuses créées par le conflit armé" entre les militants de l'EI et les forces de sécurité irakiennes comme la principale raison pour cette interdiction jusqu'à nouvel ordre. L'interdiction vise "toutes les compagnies américaines et tous les opérateurs commerciaux", mais il n'a pas été précisé combien d'avions exactement étaient touchés par cette mesure.

L'Irak se trouve sur le chemin que peuvent emprunter les longs courriers entre l'Europe et le Moyen-Orient ou l'Asie. Turkish Airlines, l'une des principales compagnies à voler vers son voisin irakien, a interrompu vendredi ses vols vers la principale ville du Kurdistan irakien. "Nos vols vers Erbil sont annulés pour des raisons de sécurité jusqu'à nouvel ordre", a indiqué Turkish Airlines.

Etihad Airways, la compagnie d'Abou Dhabi, a elle aussi interrompu dès jeudi ses vols vers Erbil. Les Etats-Unis se sont directement impliqués dans le conflit en Irak pour la première fois depuis le retrait de leurs troupes en 2011 en bombardant vendredi des positions des jihadistes menaçant le Kurdistan irakien et des milliers de chrétiens et Yazidis en fuite.

 

RTBF avec AFP

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