Les dix jours de congé de paternité seront étendus à toute l'UE

Les négociateurs du Parlement européen et des États membres (Conseil) sont parvenus jeudi à un accord provisoire pour améliorer l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants. Ces mesures renforcent les standards européens, mais ne changeront que peu de chose pour la Belgique, relativement avancée en la matière par rapport aux autres États membres.

L'accord se fonde sur une proposition que la Commission européenne a formulée au printemps 2017 par la voix de la belge Marianne Thyssen, notamment.

Il crée un minimum européen de 10 jours de congé de paternité à la suite de la naissance de l'enfant, rémunérés à hauteur de la prestation de maladie. Ce minimum est déjà en vigueur en Belgique.

Il renforce aussi le droit actuel à quatre mois de congé parental, dans la mesure où deux mois - au lieu d'un seul - ne pourront pas être transférés à l'autre parent. Ce transfert se fait souvent vers la mère, accentuant les inégalités de genre sur le marché du travail.

Pour les deux mois non transférables, un niveau de rémunération devra être déterminé par les États membres, alors que rien n'est prévu actuellement. Mme Thyssen avait proposé de fixer ce niveau au seuil de la prestation de maladie lui aussi, mais les neuf Etats membres qui ne rémunèrent pas encore ce congé ont freiné.

Les institutions de l'UE se sont également mises d'accord sur un nouveau droit pour les travailleurs en Europe, le congé d'aidant. Il sera de cinq jours par travailleur et par an. Actuellement, il n'existe pas de standard minimal européen, à l'exception de la force majeure (raison familiale impérative et inattendue).

Enfin, les nouvelles règles renforcent le droit pour tous les parents et aidants de demander des formules souples de travail, telles que des horaires plus flexibles ou du télétravail.

L'accord provisoire doit à présent être adopté officiellement par le Parlement européen et le Conseil. Il représente déjà "une avancée énorme dans la direction d'une Europe plus sociale", selon Mme Thyssen.

La directive vise à réduire l'écart salarial et de pension entre hommes et femmes, ces dernières ayant en Europe un taux d'emploi inférieur de 11,5 points de pourcentage à celui des hommes. Les femmes travaillent en outre plus souvent que les hommes à temps partiel. "Les entreprises, plus que jamais à la recherche de talents, tireront profit d'une participation plus forte des femmes au marché du travail", commente Marianne Thyssen.

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