Les diplomates syriens expulsés de plusieurs pays occidentaux

La majorité des victimes de Houla ont été exécutées, selon un représentant de l'ONU. La France, de son côté, expulse l'ambassadrice syrienne.
La majorité des victimes de Houla ont été exécutées, selon un représentant de l'ONU. La France, de son côté, expulse l'ambassadrice syrienne. - © AFP / HO / SHAAM NEWS NETWORK

La majorité des victimes du massacre de Houla en Syrie a été exécutée, selon les premiers résultats d'une enquête de l'ONU, a annoncé mardi un porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville. Après la France, de nombreux pays ont expulsé ou vont expulser les ambassadeurs syriens. La Belgique a besoin d'un accord européen pour expulser l'ambassadeur mais l'a déclaré "persona non grata".

"On croit que moins de 20 des 108 assassinats peuvent être attribués à des tirs d'artillerie et de tanks", a déclaré Rupert Colville. "La plupart des autres victimes (...) ont été sommairement exécutées lors de deux incidents différents" qui ont été perpétrés selon des habitants par des miliciens pro-régime "chabiha", a-t-il ajouté.

Invoquant des raisons de sécurité, Rupert Colville a refusé de dire aux médias qui étaient les enquêteurs de l'ONU en charge du dossier. Il a par ailleurs souligné que le Haut commissariat espère qu'"il y aura un rapport détaillé" sur le massacre de Houla. "Au minimum il y aura un rapport de la commission d'enquête sur la Syrie", qui est mandaté par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Vendredi, quelque 108 personnes, dont 49 enfants, ont été tués dans le massacre de Houla, selon l'ONU. Damas a de son côté nié "totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste". Téhéran et Pékin, qui soutiennent Damas, ont condamné ce carnage, tout en estimant qu'il fallait identifier les responsables, tentant ainsi d'exonérer les autorités. Une commission conjointe armée-justice, chargée par Damas d'enquêter sur ces violences, doit publier ses conclusions mercredi.

La France expulse l'ambassadrice de Syrie, plusieurs pays, dont les Etats-Unis, suivent

L'ambassadrice de Syrie à Paris, Lamia Chakkour, va être expulsée mardi ou mercredi en réponse au massacre de Houla a annoncé mardi le président français François Hollande. Cette décision sera notifiée à l'ambassadrice "aujourd'hui (mardi) ou demain (mercredi)", a déclaré François Hollande. Il a ajouté par ailleurs que le groupe des pays "amis de la Syrie" serait réuni "début juillet" à Paris.

"J'ai eu une conversation hier (lundi) avec David Cameron, le Premier ministre britannique. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a eu une discussion avec le secrétaire général des Nations Unies et nous avons convenu d'un certain nombre de pressions à exercer sur la Syrie", a affirmé François Hollande.

Depuis l'annonce faite par la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l'Italie, le Canada et l'Australie ont annoncé l'expulsion des ambassadeurs syriens dans leur capitale en représailles au massacre de Houla.

Il est possible que l'Espagne se joigne au mouvement.

Plusieurs médias américains, dont Fox News et CBS News, annoncent de leur côté que les Etats-Unis ont également renvoyé le représentant de la Syrie à Washington.

La Belgique déclare l'ambassadeur persona non grata mais ne peut procéder à l'expulsion

La Belgique attendait une position européenne commune en la matière en fin d'après-midi. Elle ne voulait pas décider de façon isolée, a dit le porte-parole du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, qui a qualifié la décision française d' "unilatérale". Cependant, étant données les autres expulsions intervenues entretemps, le ministre des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de Syrie en Belgique à 18h00.

L'ambassadeur de Syrie à Bruxelles et ses deux collaborateurs ont été déclarés "personae non gratae" en Belgique, a fait savoir Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères, dans un communiqué. Le départ de l'ambassadeur du territoire belge ne sera toutefois effectif que "si l'Union Européenne, auprès de laquelle le diplomate est également accrédité, adopte une mesure identique", précise le ministre.

Autrement dit, il faudra une décision concertée des 27 pour procéder à l'expulsion des diplomates. Or, Didier Reynders n'est pas optimiste sur la possibilité d'obtenir un accord des 27 pays.

"L'idée (d'une action coordonnée au niveau européen) est sur la table", a indiqué un diplomate européen à l'AFP, alors que les ambassadeurs des 27 pays de l'UE se réunissaient dans l'après-midi pour évoquer la situation en Syrie après le massacre de Houla.

L'opposition syrienne salue ces expulsions

Le Conseil national syrien (CNS), principale force de l'opposition, a salué l'expulsion de diplomates syriens par des pays occidentaux pour protester contre la répression en Syrie et appelé mardi le Conseil de sécurité à adopter une résolution autorisant le recours à la force.

"Le CNS apporte son soutien total à de telles mesures" et "appelle la communauté internationale à rompre tous les liens diplomatiques avec le régime syrien", a indiqué le CNS dans un communiqué en réaction aux expulsions annoncées les principaux pays européens ainsi que l'Australie et le Canada.

La coalition anti-régime appelle ces pays à retirer également leurs diplomates et leurs représentants de Damas "pour isoler encore plus le régime".

Le CNS a estimé qu'après ces expulsions, "le Conseil de sécurité doit oeuvrer pour adopter une résolution permettant le recours à la force nécessaire sous le chapitre VII (de la charte de l'ONU NDLR), en vue d'empêcher les génocides et les meurtres commis par les milices du régime".

RTBF avec agences

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