Les deux enquêtes qui mettent le feu à la FIFA

Un membre du staff de la FIFA avant la conférence de presse de mercredi.
Un membre du staff de la FIFA avant la conférence de presse de mercredi. - © FABRICE COFFRINI - AFP

La Fédération internationale de Football association subit ce mercredi une double prise judiciaire. D'une part, une enquête américaine a mené à l'incarcération de sept dirigeants des confédérations américaines: la CONMEBOL au sud et la CONCACAF au centre, au nord et dans les Caraïbes. D'autre part, la Justice suisse enquête sur l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar.

L'enquête américaine

Le tribunal fédéral de Brooklyn, New York, soupçonne certains dignitaires de la CONCACAF ainsi que de la CONMEBOL (la fédération sud-américaine) de plusieurs malversations liées aux droits télévisés, de marketing et de sponsoring ainsi qu'à la procédure de désignation de la coupe du monde 2010. Il leur est reproché d'avoir accepté des pots-de-vin et des commissions de plus de cent millions de dollars depuis les années 90. Ce n'est pas la première fois que de hauts responsables du football mondial sont inquiétés pour leur gestion de ces droits sportifs. En 2011, Sepp Blatter lui-même avait été blanchi par une enquête interne sur la faillite d'International Sport and Leisure, société de marketing sportif à qui la FIFA avait cédé ses droits. Son prédécesseur, le Brésilien Joao Havelange, s'était lui définitivement retiré de la vie publique: son gendre et lui avaient perçu 41 millions de francs suisse d'ISL entre 1992 et 2000.

Quatorze personnes, dont des dirigeants américains et caribéens et des employés de la FIFA sont ici directement concernées:

  • Jeffrey Webb (50 ans) : président de la CONCACAF (Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes), originaire des Iles Caïman.
  • Eugenio Figueredo (83 ans) : ancien footballeur et ex-président de la Fédération uruguayenne de 1997 à 2006, ainsi que de la CONMEBOL (Confédération sud-américaine de football).
  • Eduardo Li : président de la Fédération costaricienne (FEDEFUTBOL).
  • Julio Rocha : président de la Fédération nicaraguayenne (FENIFUT).
  • Costas Takkas : attaché du président de la CONCACAF et secrétaire général de la Fédération des Iles Caïman (CIFA).
  • Rafael Esquivel (68 ans) : président de la Fédération vénézuélienne (FVF).
  • José Maria Marin (83 ans) : ex-président de la Confédération brésilienne (CBF).

Ces sept dirigeants ont été incarcérés en vue d'une extradition vers les Etats-Unis.

Les autres personnes impliquées:

  • Nicolás Leoz : ex-président paraguayen de la CONMEBOL, de 1986 à 2013.
  • Jack Warner (72 ans) : homme politique trinidéen et ancien vice-président de la FIFA.
  • Alejandro Burzaco, Aaron Davidson, Hugo Jinkis et Mariano Jinkis, responsables du marketing de la FIFA.
  • José Margulies, intermédiaire qui aurait facilité des paiements illégaux

L'enquête suisse

Le ministère public suisse, lui, s'interroge sur la régularité de la désignation par la FIFA, en 2010, de la Russie et du Qatar comme pays hôtes des Coupes du Monde 2018 et 2022. Un procédure pénale contre X pour soupçon de blanchiment d'argent et gestion déloyale a été lancée le 10 mars dernier. On en sait plus sur ces affaires que sur la précédente. Elles ont en effet été largement médiatisées, notamment à travers un rapport commandé par la FIFA elle-même à Michael Garcia en 2012. Les quatre cents pages rédigée par cet ancien d'Interpol, spécialisé dans la lutte antiterroriste, avaient été etouffées par la FIFA, et réduites à une quarantaine de pages. Mais ses principales conclusions avaient été largement médiatisées. L'enquête avait notamment souligné le rôle central joué par le Qatari Mohammed Bin Hammam, alors vice-président de la FIFA, dans la désignation de son pays. Confondu pour avoir abondamment distribué pots-de-vins et petits cadeaux, celui-ci avait dès décembre 2012 été définitivement radié de la Fédération internationale. Conséquence indirecte de la première enquête sur le rapport qui a impliqué la seconde: les quatre cents pages rédigées par Michael Garcia seront, vient d'annoncer la FIFA, intégralement publiées.

Cette enquête n'a pas encore rendu de conclusions publiques.

RTBF

Mais ce ne sont là que les dernières casseroles d'une longue série. Les affaires de corruption éclaboussent en effet la FIFA depuis plusieurs décennies, comme le rappelait le reportage de Quentin Warlop dans notre JT de 13h00:

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK