Les députés allemands approuvent des financements pour le futur avion de combat européen

Les députés allemands ont avalisé mercredi le financement de la prochaine étape de développement de l'avion de combat européen du futur (SCAF) porté par la France, l'Allemagne et l'Espagne, malgré certaines réserves dans le pays.

La Commission du budget du Bundestag (chambre basse) a approuvé la phase de recherche et de développement (dite phase 1B) devant mener à un démonstrateur en vol en 2027 et qui coûtera à l'Allemagne près de 4,5 milliards d'euros.

"Etant donné la portée politique du projet, en particulier pour la coopération franco-allemande, la commission budgétaire (...) vote en faveur du projet", ont indiqué les députés à l'issue de leur réunion dans un document que s'est procuré l'AFP.

Projet majeur de coopération de défense en Europe

D'un montant global qui devrait avoisiner les 100 milliards d'euros, le SCAF doit remplacer à l'horizon 2040 les avions de combat Rafale français et Eurofighter allemands et espagnols.

Projet majeur de coopération de défense en Europe, le programme connaît depuis sa naissance en 2017 une éclosion douloureuse à la mesure des enjeux pour les industriels et des intérêts parfois divergents entre Etats.

L'avionneur européen Airbus, l'un des industriels impliqués dans le projet, a salué le vote de la commission. "Nous le considérons comme un soutien fort et une confiance dans la capacité du programme à développer une souveraineté européenne opérationnelle et technologique tout en renforçant son industrie aéronautique", a déclaré Dirk Hoke, qui dirige la branche militaire et spatiale d'Airbus.

Le processus s'était accéléré en mai après la signature d'un accord entre la France, l'Espagne et l'Allemagne, qui n'attendait plus que le feu vert des députés du Bundestag pour s'appliquer.

En Allemagne, le projet a particulièrement été critiqué par les partis de gauche, dont le SPD (sociaux-démocrates), allié aux conservateurs d'Angela Merkel au gouvernement. Les députés évoquent notamment leurs inquiétudes sur les technologies employées, pas encore au point, selon eux, et craignent une gabegie financière. Ils ont finalement accepté de débloquer ces premiers financements, mais "pour tout autre engagement financier, le ministère devra à nouveau demander l'approbation du comité budgétaire", a prévenu Dennis Rohde, référent SPD au sein de la commission.

La place prédominante de la France dans le projet inquiète également la classe politique allemande, malgré le soutien de la chancelière Angela Merkel. Dans un rapport interne du ministère de la Défense cité par Der Spiegel, les auteurs pointaient du doigt un projet "satisfaisant presque exclusivement les positions françaises, au détriment de l'industrie allemande".

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