Les défis du Japon post Shinzo Abe

Le Japon connaîtra bientôt le nom de son nouveau Premier ministre. Le successeur de Shinzo Abe aura un agenda bien chargé. Entre le Covid-19, le report des Jeux Olympiques, une économie en berne, des relations diplomatiques bousculées… Le Japon ne manque pas de défis à relever.

L’économie japonaise va mal depuis quelques mois. Le pays connaît une récession marquée par un PIB en chute libre entre avril et juin. Le Covid-19 n’a pas arrangé les choses.

Selon Brieuc Monfort, professeur à l’université Sophia à Tokyo et chercheur à la fondation France-Japon de l’EHESS, la politique économique de Shinzo Abe devait être un processus à long terme. Le Coronavirus a tout simplement stoppé ce processus qui consistait à aller chercher la croissance à l’extérieur du pays.

La complexité pour son successeur sera donc de continuer à jongler entre une société japonaise conservatrice et maintenir l’internationalisation du Japon enclenchée par Shinzo Abe.

Entre continuité et changement

Shinzo Abe n’a pas préparé sa succession et un retour à l’instabilité politique serait dommageable pour le Japon”, précise Brieuc Monfort.

Durant un peu plus de sept ans, il a incarné la continuité après une période d’instabilité politique où se sont multipliés les premiers ministres au pouvoir. Le changement est à nuancer.

Tous les candidats au poste de Premier ministre sont des proches de Shinzo Abe et tous sont issus du même parti politique que lui.

Les JO, “une goutte d’eau dans l’économie japonaise”

Avec le report des JO à 2021, qui payera la facture du délai supplémentaire ? Il est possible que ce soit le contribuable japonais. En effet, le pays, lors de sa candidature en 2013, s’est engagé à payer tous les frais additionnels.

Précisons que le Japon a déjà investi 11,5 milliards d’euros dans l’organisation de ces jeux. Il faut, cependant relativiser les conséquences de la tenue ou non de ces jeux. Selon Brieux Monfort, “ils ne sont qu’une goutte d’eau dans l’économie japonaise”.

Les Etats-Unis, un allié imprévisible

Le Japon est dans une position d’équilibre entre la Chine, allié économique et les Etats-Unis, allié diplomatique et militaire. Le Japon a donc subi la guerre commerciale entre ses deux pays et a été victime des mesures unilatérales prises par les Etats-Unis.

Malgré les très bonnes relations entretenues par Shinzo Abe avec Donald Trump, le Japon n’est pas contre “plus de calme dans la région et une amélioration des relations sino-américaines, poursuit Brieux Monfort. Il est clair que le choix de Donald Trump d’avoir mis la Chine au cœur de son programme n’a pas été favorable pour le Japon précise-t-il.

L’issue des élections américaines déterminera donc l’orientation de la diplomatie japonaise.

Un vieillissement de la population omniprésent

Shinzo Abe n’est pas parvenu à endiguer le processus de vieillissement de la population japonaise. Son successeur héritera donc de ce problème persistant. Couplé à celui d’un taux de natalité très faible, le Japon connaît une pénurie de main-d’œuvre et un dépeuplement de ses campagnes.

Selon, un rapport de l’Institute of Population and Social Security Reserearch, si rien n’est fait, 40% de la population japonaise sera âgée de 65 ans et plus en 2060.

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