Les combats se poursuivent en Syrie, Amnesty en appelle à la CPI

Des observateurs de l'ONU en mission en Syrie
Des observateurs de l'ONU en mission en Syrie - © AFP PHOTO/HO/SHAAM NEWS NETWORK

Des violents combats entre l'armée et des rebelles se sont encore déroulés mercredi à l'aube près de Damas et dans plusieurs autres régions de la Syrie, tandis que le front diplomatique s'anime. Mais Chine et Russie refusent l'idée d'une intervention militaire

A Sitt Zeinab, dans la banlieue sud de Damas, "des combats violents se sont déroulés dans la nuit entre troupes et rebelles. Deux explosions puissantes y ont été entendues", selon cette ONG. Des explosions et des tirs ont été entendus également dans les quartiers Hajar-Asouad et Qadam dans la capitale syrienne. Des combats similaires ont eu lieu également dans la province de Damas où un civil a été tué par des tirs à Daraya dans la nuit. Dans la région de Homs, haut lieu de la contestation du centre de la Syrie, Adnane Darouiche, qui a combattu avec l'Armée syrienne libre (ASL, formée notamment de déserteurs) a péri par un obus lancé sur sa voiture près de la cimenterie d'Al-Rastane. A Homs même, des explosions et des tirs nourris ont été entendus dans le quartier de khalidiyé. Plus au nord dans la région de Hama, des combats se sont également déroulés dans la localité de Kafarzita entre armée et rebelles dont deux ont péri, selon l'OSDH.

La diplomatie peine à s'accorder

Le médiateur international Kofi Annan, qui a rencontré mardi le président syrien Bachar al-Assad, lui a demandé de "prendre des mesures courageuses maintenant" pour mettre fin aux violences, évoquant un "moment charnière" après le massacre de Houla, qui a déclenché un tollé international.

Plusieurs pays ont déjà expulsé les diplomates syriens présents sur leur sol. Après les chancelleries européennes mardi, le Japon puis la Turquie ont embrayé.

Mais les appels à demi-mot pour une éventuelle action militaire ont été douchés par l'intransigeance des alliés de la Syrie, Chine et Russie, qui refusent d'en discuter.

Amnesty appelle à transmettre le dossier syrien à la Cour pénale internationale

La Russie, la Chine et les autres membres du Conseil de sécurité des Nations Unies doivent confier "en urgence" le dossier syrien au procureur de la Cour pénale internationale (CPI), et exiger que les autorités syriennes permettent à la Commission d'enquête indépendante internationale de se rendre en Syrie, a rappelé mercredi Amnesty International dans un communiqué.

"Tous les États doivent en outre chercher à exercer la compétence universelle devant leurs tribunaux pour les crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en Syrie", estime l'organisme, au lendemain de la décision prise par les principaux pays européens, ainsi que par les Etats-Unis, le Canada et l'Australie, d'expulser les représentants diplomatiques syriens de leur capitale.

Ces expulsions interviennent en réponse au massacre de Houla qui a ôté la vie à au moins 108 personnes, dont 49 enfants, selon le chef des observateurs de l'ONU, Robert Mood. Des expulsions qui doivent être suivies de "mesures concrètes", estime Amnesty International. "La Chine et la Russie doivent cesser de protéger les autorités syriennes", ajoute l'organisation.

"Il ne reste qu'à espérer que les événements en Syrie donnent lieu à une intensification des pressions sur les autorités syriennes et à une action concrète de la part du Conseil de sécurité des Nations unies", a indiqué Philip Luther, d'Amnesty International.

Ce mercredi, le Japon a à son tour ordonné le départ de l'ambassadeur syrien après la tuerie de Houla, alors que la Russie juge de son côté "prématurée" toute nouvelle action de l'ONU contre la Syrie.

T.N. avec agences

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