Les combats se poursuivent à Gaza, peu d'espoir de trêve

Sept Palestiniens, dont cinq membres d'une même famille, ont été tués jeudi dans des frappes israéliennes près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, à proximité immédiate de la frontière avec Israël, selon les services d'urgence locaux.

Le porte-parole des services d'urgence, Achraf al-Qoudra, a évoqué "des dizaines d'appels d'habitants de Khouzaa, d'Abasan et de Bani Souheila", près de Khan Younès, pour "demander à être évacués ou dire qu'il y a de nombreuses personnes tuées ou blessées sous les ruines de leur maison".

Les bombardements aériens et les tirs de tanks meurtriers ont eu lieu à Khouzaa, dans une zone de combats violents, a précisé Achraf al-Qoudra qui a fait état de sept morts. Cinq des sept victimes appartiennent à la même famille, a-t-il précisé.

La nuit dernière, pour la première fois depuis le début des hostilités, aucune roquette n'a été tirée vers Israël. L'armée israélienne a annoncé pour sa part avoir frappé "35 cibles terroristes".

Cette dernière entend mener à son terme la neutralisation des capacités militaires du Hamas, notamment ses tirs de roquettes. L'armée en a comptabilisé environ 2300 depuis le déclenchement du conflit.

Israël veut en particulier détruire les "tunnels offensifs" bâtis par le Hamas et destinés à mener des attaques au cœur même de son territoire. Elle a annoncé jeudi matin en avoir découvert 31.

"Notre objectif est que les citoyens israéliens puissent vivre sans menaces de roquettes ou de tunnels, nous ne ferons aucun compromis sur cet objectif", a prévenu le ministre de l'Intérieur Gideon Saar, un faucon du gouvernement. "Le renversement du Hamas n'est pas un objectif défini par le cabinet mais c'est une possibilité", a-t-il averti.

Selon un responsable américain qui voyage avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, si un compromis devait être trouvé il faudra ensuite entamer "de sérieuses négociations pour trouver une solution durable à la situation à Gaza".

Avant tout cessez-le-feu, le Hamas exige notamment qu'Israël s'engage à lever le blocus qu'il impose à la bande de Gaza depuis huit ans, qui pèse lourdement sur la situation économique de ce territoire où s'entassent dans la misère quelque 1,8 million de personnes.

Un bilan toujours plus lourd

Depuis le début de l'opération "Bordure protectrice" le 8 juillet, plus de 725 Palestiniens ont été tués, très majoritairement des civils dont de nombreux enfants.

Un bilan toutefois difficile à vérifier avec certitude en raison du chaos à Gaza où 110 000 personnes ont quitté leur habitation pour trouver refuge dans des bâtiments de l'ONU.

Trente-deux militaires et deux civils israéliens, ainsi qu'un ouvrier thaïlandais ont également perdu la vie. Jamais l'armée israélienne n'avait connu de pertes aussi lourdes depuis sa guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.

Pas de trêve dans l'immédiat

Selon Reuters, qui rapporte les propos d'un ministre du gouvernement de Benjamin Netanyahu, "une trêve dans le conflit à Gaza est peu probable dans les jours à venir".

"Je ne vois pas de cessez-le-feu dans les jours à venir avec un départ de l'armée de défense d'Israël", a déclaré ce ministre des Sciences, un ancien responsable de la sécurité, au site d'information Walla.

"Je peux dire avec certitude que deux ou trois jours ne suffiront pas pour finir de détruire les tunnels", a-t-il ajouté.

De l'aide pour les réfugiés palestiniens

En attendant, la Belgique a décidé d'octroyer 6,25 millions d'euros à l'agence de l'ONU qui s'occupe des réfugiés palestiniens (UNRWA). Cet argent devrait permettre à l'UNRWA de financer ses activités et de répondre aux besoins urgents des réfugiés palestiniens touchés par le conflit, explique dans un communiqué le ministre de la Coopération au développement Jean-Pascal Labille.

On estime que plus de 100 000 Palestiniens ont fui. L'UNRWA aide les réfugiés palestiniens dans la Bande de Gaza, la Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie.

La France a elle aussi décidé de débloquer 11 millions d'euros pour l'aide humanitaire à Gaza. Sur ces 11 millions d'euros, huit seront versés à l'Autorité palestinienne, installée en Cisjordanie, et trois aux Nations Unies et à des Organisations non gouvernementales (ONG), a précisé à la presse une conseillère du président.

De son côté, l'Iran a envoyé en Egypte un premier chargement d'aide humanitaire pour Gaza et demandé au Caire la réouverture du passage de Rafah pour l'acheminer sur place, a rapporté jeudi l'agence Isna.

L'Iran, qui ne reconnaît pas l'existence d'Israël, soutient les groupes islamistes palestiniens dans leur lutte contre l'Etat hébreu. Téhéran est accusé de soutenir militairement et financièrement le Hamas, au pouvoir à Gaza, et le Jihad islamique.
 

RTBF avec agences

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