Les catastrophes naturelles et le changement climatique risquent de coûter cher à l’économie américaine

Incendies de forêt gigantesques, canicules, sécheresse, tempêtes tropicales et hivernales. Les Etats-Unis sont victimes de catastrophes naturelles à répétition. Mais est-ce la faute du changement climatique ? Certaines agences nationales américaines font le lien et prévoient de lourdes conséquences sur l’économie américaine.

Un feu de forêt gigantesque

On l’appelle le "Dixie Fire". Cet énorme incendie fait des ravages dans les forêts du nord de la Californie depuis la mi-juillet. Il a déjà avalé près de 900 km² de végétation, l’équivalent de la ville de New York. C’est le treizième plus grand feu de forêt dans l’histoire de l’Etat de Californie. Une grande partie de l’Ouest est touchée par des chaleurs et une sécheresse extrêmes.

Des catastrophes naturelles coûteuses

C’est la dernière en date d’une longue série de catastrophes naturelles répertoriées aux Etats-Unis par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Depuis le début de l’année, cette agence officielle américaine a déjà dénombré 8 phénomènes météorologiques ou climatiques qui ont provoqué des dégâts supérieurs à 1 milliard de dollars : sécheresse et inondations dans l’Ouest, tempête et vague de froid dans le Sud, tornades dans l’Est. D’autres risquent d’allonger cette liste : la saison des ouragans ne fait que commencer…

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Ouragans, canicules, feux de forêts. En 30 ans, ces phénomènes extrêmes ont provoqué aux Etats-Unis des dégâts estimés à 1950 milliards de dollars. © (Photo by VINCENT LAFORET / POOL / AFP)

L’année dernière déjà, les Etats-Unis avaient déjà connu 22 catastrophes naturelles majeures – un nombre record – qui ont provoqué des dégâts estimés à 98,9 milliards de dollars. Depuis que la NOOA tient ces statistiques météorologiques et climatiques, les premières remontent à 1980, le coût cumulé de ces catastrophes s’élève à 1950 milliards de dollars.

Des dégâts qui pèsent sur l’économie et le budget de l’Etat.

Et dans de nombreux esprits, une double évidence tend à s’imposer : ces colères de la nature sont des manifestations du changement climatique et il est important d’en analyser les conséquences économiques et d’y tirer les conséquences politiques. C’est l’analyse réalisée en avril dernier par le Budget Office, une agence non partisane du Congrès américain.

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22 catastrophes météorologiques et climatiques majeures ont touché les Etats-Unis. Un chiffre record. © NOOA

La hausse des températures, la montée du niveau des mers ou les tempêtes de plus en plus fréquentes peuvent avoir un impact sur divers secteurs économiques. Le Budget Office prédit une baisse de la productivité des terres agricoles.

Les fortes chaleurs risquent de diminuer la productivité des ouvriers agricoles, des ouvriers dans la construction et dans d’autres activités en plein air.

Ajoutez à cela, des destructions de bâtiments, d’infrastructures, de stocks. Ces catastrophes naturelles réduisent l’activité économique et augmentent les dépenses publiques, notamment en matière de santé et de protection sociale. Au final, selon les prévisions du Budget Office, le changement climatique pourrait faire perdre un point de PIB aux Etats-Unis d’ici 2051.

Les premières réponses de Joe Biden

Face à ces prévisions, la réponse du président américain Joe Biden se met en place. Ce mercredi 28 juillet, le dirigeant démocrate a conclu un préaccord avec des sénateurs aussi bien démocrates que républicains sur un paquet de 550 milliards de dollars d’investissements pour les infrastructures (rail, autoroutes, réseau d’eau…) dont 50 milliards devraient alimenter une sorte de fonds social climat. Il devrait venir en aide aux Américains touchés par les catastrophes naturelles, en particulier " les personnes de couleur qui sont plus susceptibles de vivre dans les zones les plus vulnérables aux inondations et autres phénomènes météorologiques liés au changement climatique ".

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Les Etats-Unis sont retournés dans l’accord de Paris sur le climat. Mais une partie des Américains attendent du président Joe Bien des gestes concrets. © (Photo by CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Plus globalement, Joe Biden adhère à l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Dès son arrivée au pouvoir, il a ramené son pays au sein de l’accord de Paris sur le climat. Une décision symbolique forte pour se démarquer de son prédécesseur, Donald Trump, qui a tout un temps qualifié le changement climatique de mythe, de fiction ou de canular.

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