Elections en RDC: l'Union africaine met la pression sur les acteurs de la présidentielle

"L'Afrique a les regards braqués vers vous": le chef des observateurs électoraux de l'Union africaine (UA) a voulu mettre les acteurs de la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) "devant leur responsabilité" à quelques jours de la proclamation des résultats provisoires.

Dans l'attente de cette échéance à hauts riques, les autorités congolaise ont coupé le signal de réception de Radio France internationale (RFI) et rétiré l'accréditation de sa correspondante en RDC, où la radio publique française est très écoutée.

"Faites en sorte que nous ne soyons pas déçus", a déclaré le chef de la mission d'observation électorale de l'UA, l'ancien président malien Diacouda Traoré, après une réunion mercredi soir avec les quatre acteurs principaux de l'élection congolaise.

Il s'agit des deux principaux candidats d'opposition, Félix Tshisekedi et Martin Fayulu, d'un représentant du candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, et du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa.

Cette réunion intervient au moment où la République démocratique du Congo attend les résultats provisoires de l'élection présidentielle de dimanche dernier. Ils doivent être proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) au plus tard le dimanche 6 janvier.


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Aucun ordre du jour n'avait été précisé à la presse pour cette réunion en présence d'observateurs de l'Union africaine (UA) et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). La mission d'observation de l'UA "souhaite fortement que les résultats qui seront proclamés soient conformes au vote du peuple congolais", avait glissé son président, l'ex-chef de l'Etat malien Dioncounda Traoré, en présentant un rapport préliminaire plus tôt dans la journée.

Une élection sous haute tension

L'élection présidentielle doit désigner le successeur du président Joseph Kabila, contraint de ne pas briguer un troisième mandat interdit par la Constitution. C'est la première fois dans l'histoire du Congo qu'un président se résigne à quitter le pouvoir sans être chassé par la force. Des élections législatives et provinciales ont également eu lieu dimanche.

Internet, l'envoi de SMS, le signal de réception de Radio France internationale (RFI) et celui d'une chaîne de télévision proche de l'opposition ont été coupés en RDC, qui vit à l'heure de la compilation des résultats enregistrés dans les bureaux et centres de vote.

Il s'agit de prévenir la diffusion de "faux chiffres" qui peuvent provoquer "un soulèvement populaire", a déclaré à l'AFP un conseiller du président Kabila.

La coupure d'internet et de l'accès aux réseaux sociaux "augure de la fraude et de la tricherie en train de se faire en ce moment précis", a déclaré le directeur de campagne de Martin Fayulu, Pierre Lumbi, ancien conseiller sécurité du président Kabila passé à l'opposition en septembre 2015.

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