Les Belges convaincus que les politiciens sont corrompus

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Les citoyens de l'Union européenne sont convaincus que leurs hommes politiques sont corrompus et ce sentiment s'ancre de plus en plus dans les esprits, révèle mercredi une enquête Eurobaromètre.

Plus de 80% des citoyens européens considèrent que la corruption gangrène les institutions nationales (83%), régionales (81%) et locales (81%) dans leur pays, indique l'enquête. Il y a deux ans, en 2007, ce sentiment était partagé par 70% des personnes interrogées.

Ainsi, 82% des Belges, considèrent que la corruption gangrène leurs institutions nationales, régionales (81%) et locales (82%). Des chiffres en progression, mais qui restent en ligne avec la moyenne européenne.

Plus de trois Belges sur quatre (78%) estiment ainsi que la corruption est un "problème majeur" dans leur pays, soit une progression de 7 points de pourcentage par rapport à uneétude similaire menée il y a deux ans.

Cette nouvelle étude met le doigt sur un fatalisme certain auprès des Belges, 81% d'entre eux jugeant la corruption comme un phénomène inévitable, qui a toujours existé. 69% pensent toutefois que les tribunaux belges ne sont pas suffisamment sévères avec les cas de corruption.

Enfin, un Belge sur deux pense que cette corruption est due à la proximité trop grande entre hommes d'affaires et politiciens. Plus d'un Belge sur trois (35%) estime en outre que les nominations dans l'administration ne sont pas basées sur le mérite ou les qualifications.

Les nouveaux membres les plus convaincus de la corruption du monde politique

Pour certains pays, la corruption est une réalité depuis des années. En Italie, 89% des personnes interrogées disent qu'elle mine les institutions nationales. Elles étaient 87% en 2007.

Les plus fortes perceptions de l'importance prise par ce mal sont ressenties en Finlande (+32% en un an), à Malte (+23%) et en Espagne (+13%).

Les plus sévères sont les citoyens des nouveaux membres, entrés dans l'UE en 2004: plus de 90% sont convaincus que leurs institutions nationales sont touchées par la corruption, et ce pourcentage monte même à 96% en Slovénie, en Lituanie et en République Tchèque. Mais la palme revient à la Grèce, où 98% de la population accuse les institutions nationales d'être gangrenées.

Le personnel politique est en tête de liste des accusés: 54% des Européens se disent convaincus qu'ils touchent des pots-de-vin et abusent de leur position à des fins personnelles. Suivent les fonctionnaires chargés des marchés publics (52%) et des permis de construire (51%).

Plusieurs scandales de corruption relayés par les médias ont défrayé la chronique dans l'UE: notes de frais frauduleuses des parlementaires au Royaume-Uni; affaire "Gurtël" sur les cadeaux aux élus du Partido Popular (PP-droite) en Espagne, cas de corruption au sein des partis politiques en Finlande, scandales de pots-de-vin à Malte et en Autriche, souligne l'enquête.

L'Eurobaromètre a été réalisé entre le 11 septembre et le 5 octobre, selon le principe d'échantillonage dans les 27 Etats de l'UE.


AFP et Belga

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