Les Argentines protestent contre les violences machistes et demandent la légalisation de l'avortement

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté lundi 3 juin à Buenos Aires, sous le slogan de "Nous nous aimons vivantes et libres", contre les crimes à caractère machiste et pour la légalisation de l'avortement.

Des femmes de tous les âges se sont rassemblées sur la Plaza de Mayo vers 15 heures (heure locale) pour participer à la marche organisée chaque année le 3 juin par le mouvement "Ni Una Menos" - "Pas une de moins" en français - qui a fait son apparition après le viol et l'assassinat d'une adolescente dans la ville de Mar de Plata en 2015.

De nombreuses femmes brandissant des foulards violets et verts, signes de ralliement au féminisme et à la cause pro-IVG, se sont jointes au cortège.

Deux manifestantes coiffées de perruques fuchsia et vertes, Vanessa Chevalier, 34 ans, et Marta Elias, 44 ans, ont raconté connaître dans leurs quartiers "des femmes battues, menacées". "Tu appelles la police et ils te disent que ce n'est pas si grave. La justice te donne un bouton anti-panique qui ne sert à rien parce que quand ils réagissent, il est trop tard", ont-elles regretté.

La violence machiste, malgré une prise de conscience croissante du phénomène et une augmentation des plaintes, reste un fléau en Argentine, pays de 44 millions d'habitants où 278 "féminicides" ont été recensés en 2018, selon des chiffres de la Cour suprême.

"Parce qu'aucun gouvernement, jamais, ne nous a fait de cadeau"

Les prochaines élections présidentielles auront lieu en octobre. Dans ce cadre, l'organisation "Ni Una Menos" a indiqué vouloir "continuer à occuper la rue avec ses revendications". "Parce qu'aucun gouvernement, jamais, ne nous a fait de cadeau", a-t-elle ajouté dans le texte reprenant ses demandes.

Le mouvement, qui a signalé la "différence salariale et l'inégalité économique et d'opportunités entre hommes et femmes", a exhorté le gouvernement du président Mauricio Macri à déclarer l'état d'urgence devant la persistance des violences machistes. But de la manœuvre selon nos confrères de ABC : encourager les autorités à approuver la loi en faveur de l'avortement présentée devant le Congrès le 28 mai.

La question de l'avortement divise en Argentine, pays fortement influencé par l'Eglise catholique. En 2018, un texte légalisant l'avortement avait été adopté par les députés argentins, avant d'être rejeté par les sénateurs.

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