Les activistes de Femen accueillent Vladimir Poutine au sommet EU-Russie

La police a interpellé des manifestantes de Femen ce vendredi à Bruxelles
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La police a interpellé des manifestantes de Femen ce vendredi à Bruxelles - © PHOTO GEORGES GOBET/AFP

Les activistes aux seins nus du mouvement féministe Femen ont manifesté ce vendredi devant les bâtiments du Conseil européen à Bruxelles alors que le président russe Vladimir Poutine venait, pour la première fois depuis sa réélection, débattre avec l'Union européenne de nombreux différends, de la Syrie aux droits de l'Homme en passant par le commerce et l'énergie.

Quatre militantes du mouvement féministe Femen ont été interpellées vendredi par des policiers à Bruxelles alors qu'elles tentaient de manifester, seins nus, devant les bâtiments européens où se tenait un sommet UE-Russie en présence du président russe Vladimir Poutine. "Poutine, va en enfer! Démocratie, démocratie! ", a hurlé en anglais l'une d'elles avant d'être emmenée sans ménagement avec les trois autres dans une fourgonnette de la police. Les quatre jeunes femmes ont été interpellées par une dizaine de policiers dès leur sortie de la station de métro située devant le bâtiment où le président russe rencontrait les représentants de l'Union européenne.

Non à l'exemption de visa

Le président russe Vladimir Poutine a réclamé avec insistance vendredi que ses concitoyens soient exemptés de visa pour se rendre dans les pays de l'UE, sans toutefois obtenir gain de cause au cours du 30e sommet UE-Russie organisé à Bruxelles.

"Les questions techniques sont résolues et il ne s'agit plus que d'une question de volonté politique de la part de nos collègues en Europe", a-t-il affirmé au cours de la conférence de presse aux côtés du président du Conseil de l'UE Herman Van Rompuy et du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

"Chaque année les touristes russes dépensent plus de 18 milliards d'euros dans l'Union européenne. Vous conviendrez qu'il s'agit de chiffres considérables", a-t-il souligné.

"La balle est dans le camp de nos partenaires de l'UE", a-t-il insisté. "Il reste des questions politiques à résoudre et il y a 27 pays dans l'UE. Nous devons être patients, mais les visas entravent le développement des relations économiques", a-t-il averti.

José Manuel Barroso lui a répondu très fermement. "Notre objectif est un régime d'exemption de visas, mais nous ne sommes pas tout à fait parvenus à cet objectif", a-t-il déclaré.

Droits de l'homme

Le président de la Commission européenne n'a pas été plus explicite, mais la situation des droits de l'homme est une condition imposée par l'UE pour accorder une exemption de l'obligation de visa.

"En 2011, l'UE a octroyé 5,265 millions de visas à des ressortissants Russes. La période 2009-2011 a vu une augmentation de 62% des délivrances de visas, ce qui montre que le système actuel marche", a-t-il souligné.

José Manuel Barroso a insisté sur la solution intermédiaire que représente la facilitation des visas, avec des procédures simplifiées, accélérées et moins onéreuses.

La Commission est divisée sur la question. Le commissaire chargé du Tourisme et de l'Industrie Antonio Tajani reconnaît sans états d'âme être partisan de l'exemption pour la Russie et la Chine.

"C'est du business", a-t-il expliqué début novembre au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue aux Affaires intérieures Cecilia Malmström.

Nous visons "la riche classe moyenne russe qui veut voyager et aussi les Chinois", a-t-il dit.

"Il faut aller de l'avant. La Russie d'aujourd'hui n'est plus l'URSS de la guerre froide", a-t-il soutenu.

Cecilia Malmström a toutefois douché cet enthousiasme. "On peut faciliter les obtentions de visas pour la Russie, la Chine et d'autres pays, mais les abolir, ce sera plus complexe", a averti la commissaire, qui traite des questions de sécurité avec les ministres européens de l'Intérieur.

RTBF avec AFP

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