Les 50 ans de la Révolution du "Che" et de Castro

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Cuba fête, le 1er janvier, un demi-siècle de Révolution. L'île a survécu au départ du pouvoir de son "Lider Maximo" Fidel Castro, pour cause de maladie, à 46 ans d'embargo américain et à un naufrage économique causé par la disparition de l'allié soviétique. Découvrez notre dossier.

L'un des derniers bastions communistes au monde, Cuba marque cet anniversaire à un moment d'incertitudes sur l'évolution de sa politique sous la présidence de Raul Castro, 77 ans, qui a promis des "réformes structurelles" après avoir succédé à son illustre aîné.

Fidel Castro, 82 ans, devrait être, sauf surprise, le grand absent de ces festivités, lui qui n'a pas fait d'apparition publique depuis fin juillet 2006. Il avait alors subi une grave opération (dont la cause reste toujours secret d'Etat) qui l'a obligé à renoncer au pouvoir de façon d'abord provisoire puis définitive en février dernier.

"Fils spirituel" du "Comandante" qui a défié sur son île 10 Présidents américains, le dirigeant vénézuélien Hugo Chavez pourrait assister aux côtés de Raul Castro aux festivités de Santiago de Cuba, berceau de l'insurrection castriste dans le Sud-Est du pays.

Une célébration doit avoir lieu jeudi soir dans le Parc Cespedes où Fidel Castro, à 32 ans, proclamait le "début de la Révolution", après la fuite à l'étranger du dictateur Fulgencio Batista et l'entrée à La Havane des premiers rebelles.

La Révolution, aussi portée par le légendaire guerillero argentin Ernesto "Che" Guevara (1928-1967), allait devenir marxiste en mai 1961, un mois après la tentative d'invasion d'exilés cubains, soutenus par la CIA, de la "Baie des Cochons".

Le Président John F. Kennedy allait décréter un embargo en février 1962, avant que n'éclate la crise des missiles soviétiques qui faillit déboucher sur une guerre nucléaire.

Aujourd'hui, Fidel Castro, le révolutionnaire au cigare et à la barbe, figure de proue de la résistance à l"impérialisme" américain pour les uns, fossoyeur des libertés pour les autres, veille sur l'évolution de la politique cubaine et mondiale depuis sa "retraite médicale" des environs de La Havane.

Alors que Raul Castro veut ouvrir une économie exsangue pour sauver les acquis de la Révolution, notamment la santé et l'éducation, son frère a assuré qu'il n'y aurait aucune transition vers un système "capitaliste", dans un commentaire sur l'actualité qu'il multiplie dans la presse locale.

Le Parti communiste est tiraillé entre les partisans du statu quo qui, comme Fidel, refusent un assouplissement du régime, et ses pragmatiques qui prônent une ouverture à la chinoise de l'économie contrôlée à 90% par l'Etat et minée par la corruption, selon experts et diplomates.

Le pays, frappé en 2008 par trois ouragans ayant causé selon les autorités 10 milliards de dollars de pertes (20% du PIB), est toujours officiellement en "période spéciale en temps de paix".

Celle-ci avait été décrétée au moment de la chute de l'URSS en 1991 qui avait entraîné des pénuries énormes et un nouvel exode de milliers de Cubains à l'étranger, notamment vers la Floride, sur des embarcations de fortune.

Cette île de 11,2 millions d'habitants s'est trouvé, depuis, de nouveaux partenaires, en particulier le Venezuela, qui lui fournit 100.000 barils de pétrole par jour à des prix préférentiels, et l'Etat "frère" chinois.

Mais la vie demeure difficile à Cuba, paradis des touristes, où le salaire mensuel moyen est de 18 dollars.

La question des droits et libertés reste un sujet sensible. Si les homosexuels et les croyants ne sont plus réprimés comme ils l'étaient au début de la Révolution, la liberté d'expression et de voyager hors de l'île reste très problématique pour la plupart des Cubains.

Les dissidents cubains, accusés par les autorités d'être à la solde des Etats-Unis, sont divisés entre eux, sans véritable leader, et peu connus sur l'île où l'information et l'accès à l'internet sont étroitement contrôlés.

La dissidence affirme compter 219 "prisonniers politiques" sur l'île.

 

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(M.S. avec Belga)

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