Terrorisme: l'UE cherche un équilibre entre sécurité et libre circulation

Les 28 parlent beaucoup de l'accord qui vient d'être négocié à Minsk
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Les 28 parlent beaucoup de l'accord qui vient d'être négocié à Minsk - © Belga

Les 28 parlent beaucoup de l'accord qui vient d'être négocié à Minsk. Il est également beaucoup question de la Grèce, c'est le premier sommet du nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras. Des sujets importants, mais qui éclipsent un peu la raison de ce sommet. Au début, il s'agissait pour les 28 de renforcer la lutte contre la menace terroriste.

Les conclusions de ce sommet sont censées "donner le 'la'" dans ce dossier pour les prochains mois. Mais attention pas à n'importe quel prix. Les 28 veulent trouver un juste équilibre entre sécurité et liberté des citoyens.

Comment vont-ils s'y prendre ?

Les Européens semblent être prêts à se mettre d'accord sur un plan qui s'articule autour de trois axes. D'abord garantir la sécurité des citoyens. Cela passe par un meilleur échange des informations entre les différents services de renseignements et de police européens. Cela passe aussi par la mise en œuvre rapide d'un PNR européen, cette collecte automatique des données personnelles des passagers aériens.

Les Européens communiquent déjà ces données aux américains pour les vols transatlantiques, mais le Parlement européen a toujours bloqué la mise en place d'un système similaire entre Européens. Les attentats de Paris auront eu raison des réticences des députés. Ils se sont engagés cette semaine à Strasbourg à trouver un accord d'ici la fin de l'année. Martin Schulz, le président du Parlement est d'ailleurs venu le rappeler cet après-midi aux chefs d’État et de gouvernement.

La liberté de circulation à l'intérieur de l'espace Schengen

Sujet qui revient régulièrement sur la table, notamment sur la pression des partis populistes qui fleurissent un peu partout en Europe. Et c'est vrai qu'aujourd'hui les 28 chefs d’État et de gouvernement envisagent d'amender l'accord de Schengen. Notamment sur un point problématique : aujourd'hui, les douaniers ne peuvent pas systématiquement contrôler les citoyens de l'espace Schengen quand ils rentrent en Europe. Ou alors ils peuvent le faire seulement si un individu leur paraît suspect.

Les Européens estiment que cela ne les protègent pas contre des candidats jihadistes qui seraient partis en Syrie ou en Irak et reviendraient en Europe pour commettre des attentats. C'est un point qui va susciter pas mal de débats avec la Commission ou avec le Parlement qui ne sont pas sur la même longueur d'onde. Pour eux, changer une virgule de Schengen, c'est prendre le risque de revenir sur le principe de libre circulation.

 

 

La prévention du radicalisme au cœur des débats

Cela passe à la fois par des mesures pour surveiller et supprimer les sites web qui font l'apologie du terrorisme, et pour cela, il faut que les États membres travaillent main dans la main avec les fournisseurs d'accès internet. Mais cela passe aussi par des campagnes de communication qui mettent en avant la tolérance, la non-discrimination et les libertés fondamentales.

Enfin, le dernier axe est celui de la coopération internationale, notamment avec les pays du Moyen-Orient ou d'Afrique du Nord. Parce que la lutte contre le terrorisme dépasse largement les frontières de l'Union européenne.

 

Olivier Hanrion

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