Les 1% les plus riches ont plus que le reste du monde: Oxfam fustige l'indécence

Les 1% les plus riches ont plus que le reste du monde: Oxfam fustige l'indécence
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Les 1% les plus riches ont plus que le reste du monde: Oxfam fustige l'indécence - © Tous droits réservés

Huit personnes sur la planète, parmi lesquelles les milliardaires parmi lesquels Bill Gates, Warren Buffet ou Carlos Slim... détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Il s'agit une situation "indécente" qui "exacerbe les inégalités", dénonce l'ONG britannique Oxfam dans un rapport publié en amont du World Economic Forum (WEF) qui s'ouvre mardi à Davos.

Ce rapport, intitulé "Une économie au service des 99%", dévoile "comment les grandes entreprises et les individus les plus riches exacerbent les inégalités, en exploitant un système économique défaillant, en éludant l'impôt, en réduisant les salaires et en maximisant les revenus des actionnaires".

Selon l'ONG, à ce rythme, le premier "super-milliardaire" du monde "pourrait voir son patrimoine dépasser le millier de milliards de dollars dans 25 ans à peine". Pour dépenser cette somme, il faudrait "débourser un million de dollars par jour pendant 2738 ans", souligne-t-elle.

"Il est indécent que tant de richesses soit concentrée dans les mains d'une si infime minorité, quand on sait qu'une personne sur dix dans le monde vit avec moins de 2 dollars par jour", affirme le communiqué de l'ONG.

"Cette étude est établie d'après des données publiques, comme celle du Crédit suisse, qui publie chaque année sur l'état de la richesse au niveau international, et sur la liste des milliardaires américains, publiée par le magazine Forbes", explique Aurore Chardonnet, porte parole d'Oxfam international en Belgique.

L'ONG le rappelle : le Forum économique mondial de Davos avait pourtant identifié, en 2012, les inégalités économiques comme la principale menace à la stabilité sociale. Et la Banque mondiale elle-même avait  souligné, dans ses objectifs, la nécessité de partager la prospérité.

Or, aujourd'hui, Oxfam, qui a pris l'habitude d'attirer l'attention sur les inégalités croissantes à l'occasion du WEF, qui se tiendra jusqu'à samedi à Davos, dénonce "la pression qui s'exerce sur les salaires partout dans le monde", ainsi que les allègements fiscaux dont bénéficient les entreprises ou encore le recours aux paradis fiscaux.

"Les entreprises optimisent leurs bénéfices, notamment en allégeant le plus possible leur charge fiscale, privant ainsi les Etats des ressources essentielles pour financer les politiques et les services nécessaires pour réduire les inégalités", souligne le rapport.

 

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"Le Forum économique à Davos attire les plus grandes fortunes et les représentants des plus grandes entreprises internationales. Pour nous, c'est un moment clé pour montrer que ce Forum doit aussi se pencher sur la situation des inégalités, explique Aurore Chardonnet. Et se rende compte que la croissance à tout prix et l'accumulation des richesses ne sont pas des buts en soi. D'ailleurs, au delà de la crise des inégalités sur les richesses, il existe aussi une inégalité dans le partage des revenus... Les revenus étaient auparavant mieux partagés entre les détenteurs de capitaux et les travailleurs... Mais c'est de moins en moins le cas."

Pour l'organisation, cette crise se développe dans les pays les plus pauvres, mais aussi dans les pays prospères, comme la Belgique. "Il n'est pas soutenable que chez nous, les 10% de la population détiennent autant que 50% des personnes les plus pauvres", ajoute la porte parole.

Et Oxfam le souligne: cette situation ne fait qu'accroître les conflits entre les différents groupes dans la sociétés, entre les diverses communautés. "Des votes comme le Brexit ou l'élection américaine de novembre dernier laisse présager que ces tensions sont en train d'augmenter. Et les personnes qui ont voté pour ce genre de candidats ou pour ces options politiques, souffrent en général de cette situation politique", ajoute Aurore Chardonnet.

L'ONG, qui s'appuie sur de "nouvelles données plus précises sur la répartition de la richesse dans le monde", appelle les gouvernements à réagir et à se tourner vers une économie plus centrée sur l'humain. Et à être moins soumis aux pressions des grandes fortunes...

 

L'an dernier, Oxfam avait déjà dénoncé que le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde avait dépassé en 2015 celui des 99% restants avec un an d'avance sur les prévisions.

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