Législatives en France: Hollande a pour gouverner un PS majoritaire à l'Assemblée, retour du FN

Des jeunes socialiste sautent de joie à l'annonce des résultats du 2nd tour des législatives, le 17 juin 2012 au siège du PS à Paris
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Des jeunes socialiste sautent de joie à l'annonce des résultats du 2nd tour des législatives, le 17 juin 2012 au siège du PS à Paris - © Pierre Verdy

Avec un PS détenteur de la majorité absolue à l'Assemblée nationale, pour la première fois depuis 1981, François Hollande a désormais les coudées franches pour gouverner et affronter la crise, à l'issue des législatives qui voient le Front national faire son retour au Palais-Bourbon.

S'il enregistre, comme attendu, l'échec de Ségolène Royal à La Rochelle, le chef de l'Etat et son gouvernement vont pouvoir "prendre à bras le corps les problèmes" du pays, toujours confronté à la crise de la zone euro, a réagi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. "L'oeuvre qui est devant nous est immense. Rien ne sera facile. Rien ne nous sera donné", a-t-il prévenu.

Avec ses proches alliés (PRG, MRC, divers gauche), le PS obtient de 310 à 322 des 577 sièges, selon les estimations des instituts de sondage. La majorité absolue est de 289 sièges.

Dans la foulée de ce score historique, l'ensemble de la gauche a obtenu, selon une totalisation du ministère de l'Intérieur portant sur 40 millions d'électeurs inscrits, plus de 50% des voix, meilleur score depuis 1981. En sièges, elle atteint la majorité absolue d'après des résultats sur 486 circonscriptions.

Les 25 ministres qui étaient candidats, dont le Premier d'entre eux, ont tous été élus, y compris Marie-Arlette Carlotti (Personnes handicapées) dans la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, face à Renaud Muselier (UMP). Jean-Marc Ayrault et cinq ministres avaient été élus dès le premier tour.

Dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime, sous les projecteurs pendant l'entre-deux-tours avec le tweet retentissant de Valérie Trierweiler, Ségolène Royal a en revanche été battue par le dissident PS Olivier Falorni, auquel la compagne de François Hollande avait apporté son soutien.

Sans même attendre 20H00, la candidate à la présidentielle de 2007 a concédé sa défaite et fustigé la "trahison politique" de son adversaire.

Mme Royal, qui rêvait de la présidence de l'Assemblée, a déploré le soutien de la Première dame à son rival: "Ca n'a pas arrangé les choses". Elle a toutefois assuré qu'elle continuerait à "peser sur les choix de la politique nationale" et n'a pas exclu de briguer la tête du PS.

Comme il le souhaitait, le gouvernement pourra mener ses réformes sans même avoir besoin de l'appui des écologistes: avec 20 députés, selon trois instituts, EELV pourra constituer pour la première fois un groupe parlementaire. C'est une "grande et belle date dans l'histoire des écologistes", s'est réjouie leur patronne et ministre Cécile Duflot.

Ce ne sera pas le cas pour le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon, éliminé dès la semaine dernière à Hénin-Beaumont, qui est crédité de 10 sièges. Celui-ci a demandé que le seuil pour former un groupe soit abaissé.

Bayrou va "prendre du recul"

Sans surprise, les ténors du PS se sont réjouis de leur succès mais avec gravité. La première secrétaire Martine Aubry a salué une victoire qui "nous oblige et nous honore".

Parmi les ministres candidats, menacés de devoir le quitter en cas de défaite, Aurélie Filippetti (Culture) l'a emporté en Moselle, Stéphane Le Foll (Agriculture) dans la Sarthe, dans l'ancienne circonscription de l'ex-Premier ministre François Fillon, Pierre Moscovici (Economie) dans le Doubs et Valérie Fourneyron (Sports) en Seine-Maritime.

A droite, l'UMP et ses alliés centristes, crédités de 218 sièges, ont perdu plus d'une centaine de députés par rapport à 2007.

François Fillon a été élu dans la 2e circonscription de Paris avec 56,46%, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé réélu à Meaux (Seine-et-Marne), comme les ex-ministres Xavier Bertrand (Aisne), Luc Chatel (Haute-Marne), Bruno Le Maire (Eure) et Nathalie Kosciusko-Morizet (Essonne). Le président du Nouveau Centre Hervé Morin l'a emporté dans l'Eure.

A l'inverse, l'ancienne ministre et "passionaria sarkozyste" Nadine Morano a été battue à Toul, en dépit de ses appels du pied pressants aux électeurs du FN. Michèle Alliot-Marie, figure du gaullisme, a mordu la poussière dans les Pyrénées-Atlantiques, tout comme l'ex-ministre et homme de confiance de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant (Hauts-de-Seine), défait par un dissident UMP.

Sitôt connus les résultats, la bataille pour la tête de l'UMP s'est engagée. Alain Juppé a demandé un "travail de fond" sur ses "valeurs" et Xavier Bertrand a souhaité retrouver "le P de populaire dans UMP".

"Nous devons nous renouveler", a lancé François Fillon, tandis que M. Copé a appelé son parti à "l'unité" et mis en garde contre les "querelles de personnes".

Dans la foulée de son bon score à la présidentielle (17,9%), le FN a signé, malgré la défaite de Marine Le Pen, son grand retour au Palais-Bourbon pour la première fois depuis 1998. L'avocat Gilbert Collard (Gard), qui s'est fixé "une mission de casse-couille démocratique", et Marion Maréchal-Le Pen, élue à 22 ans à Carpentras, porteront ses couleurs. La petite-fille de Jean-Marie Le Pen, future benjamine, s'est dite "heureuse d'être la porte-parole de la jeunesse française".

A Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), même si elle a souligné les "scores spectaculaires" de son parti, Marine Le Pen a été battue de 118 voix par le socialiste Philippe Kemel et a demandé, pour la forme, un recomptage.

En comptant Jacques Bompard (Ligue du Sud), élu à Orange, l'extrême droite devrait avoir trois élus.

De son côté, le MoDem a conservé deux sièges, dont celui de Jean Lassalle dans les Pyrénées-Atlantiques.

Mais son chef, François Bayrou, a perdu le sien, dans le même département et a annoncé qu'en conséquence, il allait "prendre du recul" et changer "la forme de son engagement".


AFP
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