Législatives en Finlande: les sociaux-démocrates en tête, l'extrême droite deuxième (résultats partiels)

Antti Rinne et son parti social-démocrate semblent gagner la tête des suffrages.
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Antti Rinne et son parti social-démocrate semblent gagner la tête des suffrages. - © MARTTI KAINULAINEN - AFP

Le Parti social-démocrate est en tête des législatives finlandaises dimanche, selon des résultats partiels, devant l’extrême droite, après une campagne menée contre la politique d’austérité du gouvernement du Premier ministre sortant, Juha Sipilä, dont le parti du Centre est relégué à la quatrième place.

« Nous sommes les plus grands perdants de cette élection », a regretté M. Sipilä peu après la publication des premiers résultats.

Les sociaux-démocrates obtenaient 18,5% des voix, devant les Vrais Finlandais (eurosceptiques et anti-immigration, 17%) et le Parti de la coalition nationale (conservateurs, 16,1%), après le décompte de quelque de 60% des votes.

La victoire des sociaux-démocrates, si elle est confirmée, devrait porter au poste de Premier ministre l’ancien ministre des Finances Antti Rinne, 56 ans, syndicaliste devenu responsable du parti en 2014.

« Pour la première fois depuis très, très longtemps, les sociaux-démocrates occupent la première place », a déclaré M. Rinne à la presse.

Le parti est arrivé pour la dernière fois en tête des législatives en 1999. Paavo Lipponen a alors conduit une coalition gauche-droite, jusqu’en 2003. Depuis les sociaux-démocrates ont participé à plusieurs gouvernements, sans toutefois en prendre la tête.

Politique d’austérité

Depuis 2015, la coalition gouvernementale sortante, composée du Centre, du Parti de la coalition nationale (droite) et du parti Réforme bleue (eurosceptique), conduit une politique d’austérité qui a permis de sortir le pays de la récession en 2016.

Mais, assure le chef des sociaux-démocrates dans la presse finlandaise, « nous devons trouver des moyens équitables de rendre la société finlandaise durable […], la politique fiscale ne peut pas y parvenir seule ».

Selon Sini Korpinen, chroniqueuse politique, « les gens en ont marre face à certaines réductions » budgétaires.

« Il y a eu beaucoup de coupes et certaines dans des domaines comme celui de l’éducation, alors qu’ils avaient promis de ne pas y toucher », déplore auprès de l’AFP Jenny, venue voter dimanche matin à Helsinki.

L’éducation est un secteur de prestige dans le pays nordique, le système éducatif finlandais restant parmi les meilleurs élèves du monde au classement PISA.

Vote populiste

La Finlande a un scrutin proportionnel et une culture politique du consensus qui portent au pouvoir des coalitions hétéroclites.

Toutefois, si aucun parti ne parvenait à franchir la barre des 20% des voix après la publication des résultats définitifs, la situation pourrait compliquer les tractations pour former un gouvernement.

Droite et gauche disent ne pas vouloir collaborer avec l’extrême droite, sans pour autant fermer la porte à des négociations avec les Vrais Finlandais.

Dimanche, Jussi Halla-aho, chef de file des Vrais Finlandais s’est dit ouvert à une coalition « mais pas à n’importe quel prix ».

En 2015, le parti a payé son arrivée au pouvoir dans un gouvernement de centre-droit et la modération de ses positions, notamment sur l’Europe, perçue comme une trahison par ses militants les plus radicaux.

En 2017, les Vrais Finlandais ont finalement implosé et quitté le gouvernement : une majorité de leurs députés ont fondé Nouvelle Alternative (rebaptisé Réforme bleue par la suite), parti qui est resté au pouvoir, les autres se ralliant à son nouveau président, le faucon anti-immigration M. Halla-aho.

Enjeux décisifs

La question de l’immigration a porté le parti d’extrême droite sur le devant de la scène, bien qu’en Finlande seuls 6,6% des 5,5 millions d’habitants soient nés à l’étranger.

En décembre et janvier, une dizaine d’hommes d’origine étrangère soupçonnés d’agressions sexuelles ont été arrêtés. Ces affaires très médiatisées ont suscité l’indignation dans le pays et une vague de soutien aux Vrais Finlandais. La formation s’est engagée à réduire considérablement l’immigration et renforcer les règles d’asile.

Le parti dénonce également l'« hystérie climatique » de ses adversaires, affirmant que les citoyens ne doivent pas payer pour des mesures supplémentaires contre le changement climatique.

Le défi du prochain gouvernement sera aussi de s’attaquer à l’épineuse question de la protection sociale – en Finlande, l’Etat-providence est l’un des plus généreux au monde -, dans un contexte de vieillissement de la population et de baisse du taux de natalité. Parallèlement, la croissance devrait ralentir.

Le 8 mars, à cinq semaines du scrutin, Juha Sipilä avait présenté la démission de son gouvernement après avoir échoué à faire passer une réforme du système de santé, une décision qualifiée de « manœuvre politique » par l’opposition.

Les sociaux-démocrates (SDP), emmenés par Antti Rinne, célèbrent leur victoire

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