Le viaduc de Gênes était-il mal entretenu? L'avis d'un ingénieur civil

Le viaduc de Gênes était-il mal entretenu? L'avis d'un ingénieur civil
Le viaduc de Gênes était-il mal entretenu? L'avis d'un ingénieur civil - © Tous droits réservés

Depuis ce mardi, des photos du viaduc de Gênes avant son effondrement circulent. Certaines donnent l’impression que le pont était dans un état particulièrement effrayant. Mais ces clichés, tout comme ceux visibles sur "Google Street View", démontrent-ils réellement qu'il y avait danger? Nous avons posé la question à Vincent Denoël, professeur de structures à l’Université de Liège et ingénieur civil des constructions.

Les images les plus interpellantes sont sans aucun doute celles qui montrent des poutres apparentes sous le viaduc. En réalité, cela n’est en rien problématique. "Il s’agit d’une travée différente donc c’est tout à fait normal. On a une travée qui est un peu plus courte et elle est construite de manière optimale avec simplement des poutres qui sont appuyées sur chacun des deux côtés et non un caisson qui est complètement refermé. A cet endroit-là, c’est certain qu’il ne manque pas de partie au pont" affirme Vincent Denoël.

En regardant les photos, difficile pour notre spécialiste de véritablement apprécier l’entretien du pont, mais plusieurs choses l’interpellent : "On voit des traînées ou des coulées brunâtres qui peuvent être synonymes de corrosion dans des armatures. On voit également des patchs un peu plus noirâtres qui indiquent probablement des réparations qui ont déjà été faites au béton. Ce n’est pas un pont tout nouveau. On voit que le béton a vieilli mais il est très difficile de se faire une idée du niveau de sécurité de ce pont".

En contact avec des confrères de l’université de Gênes, le professeur rapporte: "Je sais de mes collègues italiens que le pont a été expertisé en 2009. L’état avait été répertorié comme relativement critique. Des opérations de maintenances assez coûteuses devaient être planifiées".

En Italie, la maintenance des autoroutes est privatisée, ce qui n’est pas la cas chez nous. Les entreprises doivent entretenir les ouvrages d’art comme ce viaduc en bon père de famille mais la loi ne prévoit pas d’expertise ponctuelle.  

Pour savoir si l’entretien est à la base de l’effondrement, il faudra faire preuve de patience. Sans doute plusieurs années selon Vincent Denoël.

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