Le Venezuela n'expulsera pas l'ambassadrice de l'UE, mais attend des "gestes" en retour

Le Venezuela n'expulsera pas l’ambassadrice de l’UE, mais attend des "gestes" en retour
Le Venezuela n'expulsera pas l’ambassadrice de l’UE, mais attend des "gestes" en retour - © JHONANDER GAMARRA - AFP

Le Venezuela a renoncé à expulser l’ambassadrice de l’Union européenne à Caracas mais attend des "gestes" en retour, a annoncé jeudi le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza.

Faire marche arrière est "un geste" pour "ne pas compliquer le dialogue avec l’Union européenne et nous espérons, donc, qu’il y aura aussi des gestes de l’Europe pour avoir une vision beaucoup plus objective sur les évènements dans notre pays", a déclaré M. Arreaza dans un entretien à la chaîne vénézuélienne Telesur.

Il a également appelé l’Europe à "cesser de suivre […] la stratégie de changement de gouvernement par la force de Washington".

"J’ai dit au ministre Arreaza : laisse-moi réfléchir, ça me semble une bonne idée de laisser une chance, comme disait John Lennon […], au dialogue, à la diplomatie, à la communication et à une nouvelle entente avec l’Union européenne", a expliqué le président vénézuélien Nicolas Maduro dans un discours devant des militaires à Caracas.

Peu avant, M. Arreaza et le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, avaient rendu publique la décision de Caracas dans un communiqué commun.

Retour en arrière

"Le gouvernement vénézuélien a décidé d’annuler la décision prise le 29 juin 2020, par laquelle l’ambassadrice Isabel Brilhante Pedrosa, chef de la délégation de l’Union européenne à Caracas, a été déclarée persona non grata", précise le communiqué diffusé à Bruxelles à l’issue d’un entretien téléphonique entre les deux hauts responsables.

Le ministre Jorge Arreaza et Josep Borrell "se sont accordés sur la nécessité de maintenir le cadre des relations diplomatiques, en particulier à des moments où la coopération entre les deux parties peut faciliter les voies du dialogue politique", précise le communiqué.

"Tous deux ont convenu de promouvoir les contacts diplomatiques entre les parties au plus haut niveau, dans le cadre d’une coopération sincère et dans le respect du droit international", conclut le communiqué.

Menaces de l’UE

L’Union européenne avait appelé mardi le Venezuela à revenir sur sa décision d’expulser sa représentante à Caracas et averti être prêt à prendre des "mesures de réciprocité" contre l’ambassadrice du Venezuela auprès de l’UE.

Cette dernière, Claudia Salerno, représente également les intérêts du Venezuela auprès de la Belgique et du Luxembourg.

Le président Nicolas Maduro avait donné lundi 72 heures à la cheffe de la délégation de l’Union européenne à Caracas pour quitter le Venezuela, en réaction aux sanctions adoptées le même jour par l’UE contre onze fonctionnaires vénézuéliens impliqués dans des actions contre l’opposition.

Plusieurs élus ont été ajoutés à la liste noire de l’UE, dont Luis Parra qui a tenté de se substituer en mai à Juan Guaido à la présidence du Parlement. Juan Guaido est reconnu comme président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays.

Le chef de la diplomatie européenne a affirmé à plusieurs reprises que "seule une solution négociée entre les Vénézuéliens permettra au pays de sortir de sa crise profonde".

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