Le variant Delta du Covid-19 fait des ravages partout dans le monde y compris en Europe mais moins mortellement

Alors qu’en Belgique, la pandémie semble ralentie cet été, le variant Delta joue avec les nerfs des autorités sanitaires de bien d’autres pays du monde. Les Etats-Unis recommandent à nouveau le port du masque en intérieur. Dans la plupart des pays des continents asiatiques et sud-américains, les autorités font face à une nouvelle catastrophe sanitaire. Cette nouvelle vague épidémique est, dans certains cas, plus sévère que celle qu’ils ont déjà connue.

Un pic épidémique inédit aux Antilles, en Iran, au Maroc et au Vietnam

Aux Antilles, 30.920 nouveaux cas positifs ont été recensés sur l’ensemble du territoire en 24 heures. C’est la première fois depuis le printemps que la barre des 30.000 cas y a été franchie en 24 heures. C’est beaucoup plus que ce qu’ils n’ont jamais connu depuis le début de la pandémie.

Mais les Antilles sont loin d’être un cas isolé. Des records sont battus aux quatre coins du monde. En cause, le variant Delta beaucoup plus contagieux que le variant Alpha. Les zones du monde concernées sont le Moyen-Orient, l’Amérique latine, l’Asie du sud-est et l’Asie centrale.

En Iran, le nombre de nouvelles infections et d’hospitalisations a fortement augmenté ces derniers jours. Le ministère iranien de la Santé a dénombré ce mercredi plus de 42.000 nouveaux cas, un nouveau record quotidien et 536 décès. Le pays vient de battre son record de décès. Au total, le coronavirus en Iran a déjà fait plus de 95.000 morts, du moins selon les chiffres officiels. Le ministre de la santé, ne voit pas d’autres solutions que d’imposer un nouveau confinement à la population. Seuls 3,4 millions des 83 millions d’habitants sont déjà complètement vaccinés.

Au Maroc, un couvre-feu élargi est entré en vigueur cette semaine, ainsi que des restrictions de déplacements vers et depuis trois grandes villes du pays, dans le but d’enrayer la flambée des contaminations au coronavirus. Le Maroc (+118%, 5587 cas quotidiens) est le pays où la pandémie a le plus accéléré, et parmi ceux ayant enregistré au moins 1000 contaminations quotidiennes au cours de la semaine écoulée. Suit la Turquie (+107%, 16.675).

Mais l’Asie n’est pas moins touchée, le Vietnam n’avait, jusqu’à présent, pas connu de vague épidémique. Cette fois, le pays essuie la vague coronavirus de plein fouet (+61%, 7720). Au Japon, les contaminations sont deux fois plus hautes que lors du dernier pic épidémique. (+61%, 5682 cas) . En Indonésie, il y a cinq fois plus de contaminations que lors de son dernier pic épidémique de janvier.

Aux Etats-Unis, on remet le masque malgré la vaccination

La Covid-19 ressemble de plus en plus à "a never ending story". La semaine dernière, aux Etats-Unis, le centre pour le contrôle des maladies (CDC) a recommandé que les personnes vaccinées remettent le masque, dans les espaces intérieurs des territoires les plus touchés par l’épidémie. Motif : alors qu’avec le virus historique ou le variant Alpha, les personnes vaccinées mais infectées n’étaient pas ou peu contagieuses, il semble qu’elles le soient devenues lorsqu’elles ont contracté le variant Delta.

Les effets de la vaccination en Europe

En Europe, si les contaminations partent à la hausse et que toute une série de pays sont, à nouveau, considérés, en rouge en termes de contaminations, les décès ne suivent pas forcément la même courbe. C’est là que l’on constate les effets de la vaccination. Si elle est faible, le Covid-19 et surtout son variant Delta, tuent. Si la vaccination est élevée, ils tuent nettement moins. Dans les pays européens où les taux de vaccination varient de 40 à 70%, en raison d’une campagne de vaccination massive, le taux de décès reste sous contrôle. Selon une étude publiée par le ministère français de la santé, les personnes complètement vaccinées ne représentent que 7% des admissions en soins critiques pour Covid et 12% des décès.

Sommes-nous pour autant sortis d’affaire ? Les experts restent prudents et attendent septembre, octobre pour se prononcer. Clairement, la vaccination est un paramètre essentiel qui limite le nombre d’hospitalisations. Mais les problèmes vont changer de nature et l’on risque de se retrouver avec une population de seniors dont l’immunité malgré la vaccination reste faible. Michel Goldman est professeur en immunologie à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) en est convaincu : "Les personnes immunodépressives, les seniors à risque devraient recevoir, cet automne, une 3e dose vaccinale si nous ne voulons pas nous retrouver avec une nouvelle hausse des hospitalisations au cours de cet automne".

Israël, un cas d’école

Il en veut pour preuve ce qui se passe en Israël. Alors que la population est à 60% entièrement vaccinée, les hospitalisations pour Covid-19 continuent d’y progresser, avec une part non négligeable de patients vaccinés, le pays envisage un quatrième confinement de la population. Les formes sévères y apparaissent aussi plus fréquemment chez des individus âgés et vaccinés.

Les plus de 60 ans ont, en effet, été les premiers à recevoir le vaccin à ARN de Pfizer/BioNTech lors de la campagne massive de vaccination commencée en décembre 2020. Entre-temps, des études du laboratoire ont confirmé que la protection acquise après immunisation diminue au-delà de six mois et qu’une dose de rappel permettrait d’obtenir des niveaux d’anticorps neutralisants " 5 à 10 fois supérieurs " à ceux obtenus après deux doses.

Sans vouloir se prononcer sur l’avenir, ce professeur conclut : "Jusqu’ici, ce virus ne nous a réservé que de mauvaises surprises. Il pourrait nous en réserver de bonnes à l’avenir. Qui sait ? Ce qui est clair c’est qu’on a une diminution majeure des cas graves dans les pays qui ont eu une vaccination massive. A l’avenir, nous devrons sans doute vivre avec cette situation en sachant que les personnes plus vulnérables devront rester prudentes."

 

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