Carlos Ghosn: appel du procureur rejeté, libération sous caution autorisée

Carlos Ghosn à Paris, en septembre 2017
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Carlos Ghosn à Paris, en septembre 2017 - © ERIC PIERMONT

 La justice japonaise a rejeté mardi un appel du parquet contre la libération sous caution de Carlos Ghosn, détenu depuis le 19 novembre pour des accusations de malversations financières, ouvrant la voie à sa sortie de prison.

Carlos Ghosn pourra bien être libéré sous caution. Alors que la troisième demande de mise en liberté sous caution de l'ex-PDG de Renault et Nissan avait été acceptée mardi, le bureau des procureurs avait décidé de faire appel de cette décision. Cependant, la justice a finalement rejeté cet appel. Carlos Ghosn devrait pouvoir sortir de prison dès demain mercredi.

Caution de 7,9 millions

La libération de l'homme d'affaires détenu depuis le 19 novembre 2018, était assujettie au paiement d'une caution d'un milliard de yens (7,9 millions d'euros environ). Carlos Ghosn avait également interdiction de quitter le Japon, avait déclaré le tribunal de Tokyo, précisant que des mesures visant à l'empêcher de falsifier des preuves avaient également été instaurées.

Selon l'agence de presse Kyodo, l'architecte de l'alliance Renault-Nissan devait notamment être placé sous vidéosurveillance à son domicile. Le nouvel avocat de Ghosn, Junichiro Hironaka, avait déclaré que son client était prêt à se soumettre à de sévères restrictions, dont la vidéosurveillance et la surveillance de ses communications, dans le but d'obtenir sa libération sous caution.

Sa précédente offre d'engager des agents de sécurité et de porter un bracelet de surveillance de la cheville n'avait pas convaincu les juges, qui avaient évoqué un risque de falsification des preuves.

Ce nouvel avocat, surnommé "le rasoir" pour sa défense affûtée et victorieuse d'affaires très médiatisées, soutient notamment que les allégations retenues par la justice contre son client auraient dû être traitées et réglées comme une affaire interne à Nissan.

Carlos Ghosn a été mis en examen pour abus de confiance aggravé et pour avoir minimisé ses revenus chez Nissan pendant près de dix ans, jusqu'en 2018. Il nie les faits qui lui sont reprochés.

Un complot?

Carlos Ghosn avait été arrêté le 19 novembre à son arrivée à Tokyo et placé dans le centre de détention de Kosuge, dans le nord de la capitale, où il se trouve encore depuis plus de 100 jours.

Sa famille avait annoncé lundi avoir décidé de saisir les Nations unies, estimant que les "droits fondamentaux" de l'ancien dirigeant de Renault et Nissan n'étaient pas respectés.

Carlos Ghosn a été inculpé pour minoration d'une partie de ses revenus pour un montant de 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) de 2010 à 2018, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières. Il a également été mis en examen pour abus de confiance.

Il avait dénoncé fin janvier, dans un entretien avec l'AFP, sa détention prolongée, un traitement qui "ne serait normal", selon lui, "dans aucune autre démocratie".

L'homme d'affaires franco-libano-brésilien avait décidé de changer mi-février son équipe de défense japonaise, au moment d'aborder la phase de préparation de son procès, qui n'interviendra pas avant plusieurs mois.

"Je suis impatient de pouvoir me défendre, avec vigueur, et ce choix représente pour moi la première étape d’un processus visant non seulement à rétablir mon innocence, mais aussi à faire la lumière sur les circonstances qui ont conduit à mon injuste détention", avait-il alors dit. Il estime avoir été victime d'un "complot" ourdi par Nissan pour faire échouer son projet de rapprochement avec Renault.

Archives: Soir première 19/11/2018

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