Le traité interdisant les armes nucléaires entre en vigueur, sans la Belgique

Un transport de missile nucléaire soviétique SS19 en Ukraine en 1993
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Un transport de missile nucléaire soviétique SS19 en Ukraine en 1993 - © AFP

Le traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires entre officiellement en vigueur. Pour ce faire, il fallait que 50 pays le ratifient et le Honduras vient de le faire ce samedi. Le traité va devenir contraignant dans 90 jours. Mais notre pays ne fait pas partie des 50 membres de l’Assemblée générale des Nations unies à avoir ratifié ce traité.

Samuel Legros, chargé de recherche à la Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD) et coordinateur de la coalition belge contre les armes nucléaires est partagé entre satisfaction et attente : "On est très satisfait car le traité a reçu hier sa 50ème ratification et dans 90 jours, les armes nucléaires seront interdites par le droit international."

Pourquoi la Belgique n’a-t-elle pas ratifié ce traité ?

"Notre pays n’a rien à voir avec l’entrée en vigueur de ce traité car il ne l’a ni ratifié ni signé et en plus la Belgique a redoublé d’efforts pour que cette convention ne voie pas le jour. Elle n’a jamais assisté aux négociations et a toujours boycotté les discussions ensemble avec tous les membres de l’Otan", ajoute Samuel Legros.

"Malheureusement la Belgique joue un rôle délétère en matière d’armes nucléaires. Elle a tenté de saper le travail des Nations Unies. Officiellement, parce que ce traité rentre en contradiction avec un autre traité, sur la non-prolifération, mais c’est un argument fallacieux puisque ce traité demande qu’une convention d’interdiction voie le jour, ce qui est le cas aujourd’hui."

"La Belgique tente de passer pour un membre loyal et fidèle de l’Alliance. Elle entrepose aussi des armes nucléaires américaines depuis la fin des années 60 et ses F-16 peuvent transporter et larguer des bombes nucléaires. […] Elle prend part de manière très active à l’activité de dissuasion nucléaire de l’Otan. […] Mais elle pourrait, comme la Grèce, décider le contraire."

Renouveler ou pas les stocks de bombes nucléaires à Kleine Brogel ?

En outre, deux autres pays européens non-membres de l’Otan ont pris une part constructive dans ce nouveau traité : l’Autriche et l’Irlande.

Le traité d’interdiction des armes nucléaires va permettre, selon ses défenseurs, de mettre une pression supplémentaire sur notre pays et sur d’autres membres de l’Otan pour bannir ces armes de destruction massive, surtout au moment où la Belgique et d’autres alliés de l’Otan s’apprêtent à acquérir des F-35 capables de transporter et de larguer des armes nucléaires plus petites que celles actuellement utilisées.

Le stock de bombes nucléaires entreposées à Kleine Brogel va donc devoir être remplacé. La Belgique est donc à un tournant, estime Samuel Legros.

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