Le Saint-Siège et la Birmanie annoncent l'établissement de relations diplomatiques

Le Saint-Siège et la Birmanie ont annoncé jeudi l'établissement de relations diplomatiques, dans un communiqué publié peu après une rencontre cordiale au Vatican entre la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi et le pape François.

"Le Saint-Siège et la Birmanie, désireux de promouvoir des liens d'amitié mutuelle, ont décidé d'un commun accord d'établir des relations diplomatiques", annonce un communiqué publié par le Vatican.

Aung San Suu Kyi a été reçue jeudi au Vatican par le pape François pendant une vingtaine de minutes.

La rencontre entre le pontife argentin, tout juste rentré d'un voyage pour promouvoir la paix en Egypte, et le Prix Nobel de la Paix 1991 a été décrite comme "très décontractée et joyeuse" par des journalistes ayant assisté aux salutations.

Le souverain pontife avait dénoncé le traitement réservé à la minorité musulmane des Rohingyas

En la recevant dans la bibliothèque vaticane avec une petite délégation de cinq personnes, le pape a offert à l'ancienne dissidente birmane une médaille en bronze représentant un désert qui se transforme en champ de fleurs.

En février, le souverain pontife avait dénoncé sur la place Saint-Pierre le traitement réservé à la minorité musulmane des Rohingyas, "torturés et tués en raison de leurs traditions et de leur foi" en Birmanie.

Dans un entretien à la BBC le mois dernier, Aung San Suu Kyi avait toutefois rejeté les accusations de nettoyage ethnique des Rohingyas, alors que l'ONU a lancé une enquête.

Aung San Suu Kyi, arrivée au pouvoir il y a un an et dont le parti a remporté presque la moitié des sièges vacants à de récentes élections législatives partielles, avait déjà rejeté fin mars, la décision des Nations unies d'envoyer une mission d'enquête sur les récentes exactions contre les Rohingyas imputées à l'armée.

Traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste, les Rohingyas sont apatrides même si certains vivent dans le pays depuis des générations.

"L'Italie soutient le processus de réconciliation nationale et de développement de la Birmanie", a commenté mercredi soir le ministre italien des Affaires étrangères, Angelino Alfano, après avoir reçu la dirigeante birmane.

Ensemble ils ont évoqué le processus de paix avec "les groupes ethniques" en Birmanie. M. Alfano a aussi assuré que l'Italie avait l'intention de soutenir la Birmanie à travers l'aide au développement dans des secteurs prioritaires comme "la gouvernance, le développement rural, la conservation et la gestion durable du patrimoine culturel, le tourisme durable, le développement des petites et moyennes entreprises".

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